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Les Andes à vélo

Bolivie

L'apothéose

26/01/2017

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Du grec "apo" (depuis ou comme), et "theos" (Dieu). Pour avoir recherché cette égalité, d'aucuns furent chassés de l'Eden. Ailleurs, un autre prétend que "(nous sommes) des dieux", rendant absurde ce concept d'apothéose. Quoiqu'il en soit, on se sent souvent immensément petit devant les dimensions qui nous entourent, et quand certains moments transcendent nos points de vue habituels, on peut se sentir en apothéose. A ma décharge, je ne l'ai pas cherchée, cela m'est simplement tombé dessus alors que je traversais incognito un quelconque désert de notre planète.

Un peu (trop) haut

Après un bon dîner et une nuit au refuge, qui m'auront formidablement requinqué, je repars le lendemain pour en finir avec ce désert aussi éprouvant que merveilleux. Le Chili n'est plus qu'à deux jours de vélo, je suis au Sud du Sud de la Bolivie.

Les tout premiers kilomètres sont les plus durs de cette étape, car cette fois-ci l'épaisseur de sable ne me permet plus de rouler, alors j'avance à pied. Heureusement au moment d'attaquer une montée, je retrouve une piste incroyablement lisse pour la région. Il doit y avoir un truc, c'est pas possible... Ah oui, je roule sur des dalles de pierres bien polies, qui affleurent à peine. La côte me mène toujours plus haut : 4600, 4700, 4800m. C'est le moment opportun pour croiser deux amis Vaudois qui voyagent en 4x4. L'orage éclate un peu tôt ce jour, et je suis bientôt sous la neige, observant les points d'impact des éclairs à une poignée de km autour de moi. Dans cette caillante, je passe devant les fumerolles d'un petit champ de geysers. Finalement, dans une ambiance extraterrestre, je franchis une passe à plus de 4900m. Là, je suis peut être monté un peu trop haut pour faire du vélo. Promis je redescends.

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La montée vers le col, laissant derrière moi la Laguna Colorada.

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Un des geysers de Sol de Mañana

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Me voilà sur Mars ? Je suis peut-être monté un peu trop haut pour le coup.

Ca tombe bien, en passant le col, le vent vient subitement me pousser, que dis-je pousser, propulser, éjecter, et en plus la piste est très bonne.

C'est parti pour une descente à tombeau ouvert vers les lagunes et le salar de Chalviri qui reflètent des couleurs irréelles. Arrivé en bas, il y a quelques baraquements autour d'une piscine thermale ; je camperai ici malgré le grand vent et le sable du terrain. (Plant your Quechua tent : level Bolivie unlocked !).

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Descente vers le salar de Chalviri dans une lumière iréelle

Les bains sont les meilleurs que j'ai testés jusque-là : eaux non douteuses, de l'espace pour faire quelques brasses, température idéale, et du sable noir pour les pieds. Parfait pour regarder les éclairs au loin. Quelle chance d'être là le soir : les touristes sont partis et les habitants descendent à la piscine pour en profiter à leur tour. En regardant ces personnes, je prends conscience que je passe mes derniers instants au milieu de ces deux peuples merveilleux que sont les Quechuas et les Aymaras. Au Chili, c'en sera fini de ces hommes aux sombreros, toujours prêts à faire un pas de danse, et des "cholitas" (les "bavardeuses", nom donné aux femmes ici), et des vêtements encore plus colorés que le volcan Thunupa.

Définitivement trop haut

Je repars le lendemain pour ce qui sera ma dernière journée intégralement bolivienne, après plus de 40 jours dans ce pays. Je traverse lors des premiers kilomètres une pampa connue sous le nom de "désert de Dali". Ce sont des blocs rocheux, aux formes plus ou moins étranges, plantés dans une plaine de sable.

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Le désert de Dali au loin...

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Vision surréaliste d'un troupeau de vigognes... dans le désert.

Un petit col me porte à nouveau en altitude, avant de descendre dans la vallée de la fameuse "Laguna verde". Le volcan qui la domine, le célèbre Licancabur, ne tarde pas à dévoiler sa silhouette mythique.

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Première vue du Licancabur, et un piaf qui s'apprête à le percuter !

J'arrive finalement au bord de la Laguna verde, avec l'impression d'être parvenu à la ligne d'arrivée de ma longue traversée du désert. En effet, même s'il reste 60 km à parcourir pour atteindre San Pedro de Atacama, la frontière n'est plus qu'à 10 km, puis je retrouverai l'asphalte et une très longue descente (2200 m de dénivelé).

La lagune ne vole pas son nom, elle est d'une magnifique couleur turquoise laiteuse, et s'étend au pied du volcan.

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Il y a quelques années de cela, je rêvais de gravir le Licancabur, mais la raideur de ses pentes me décourage d'y aller tout seul, d'autant plus que je ne connais pas l'itinéraire. Arrivé au refuge, j'ai la bonne surprise d'y rencontrer un Ukraino-Polonais (qui passe son temps libre dans un certain parc national des Tatras...). Il s'apprête à monter le lendemain au volcan, avec un guide. A court de monnaie (et sans distributeur à proximité !), je ne peux pas partager la moitié des frais, mais on finit par trouver un accord gagnant-gagnant. Alors le lendemain matin à 3h, c'est parti pour l'ascension. L'orage de la veille ne s'est pas évacué, et on fait les premiers mètres sous la pluie, qui sera vite remplacée par de la neige et du brouillard. Puis, vers 5800 m, une sorte de bande jaune apparaît à l'horizon, et on croit distinguer les lacs plus de 1500 mètres plus bas. Fausse espérance, puisque le brouillard se referme aussitôt. On continue vers le sommet qui est désormais  à un jet de pierre. La suite, c'est l'histoire d'une apothéose.

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La montée au volcan. Quand un Ukrainien a froid, c'est que c'est sérieux...

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A quelques encablures de la cime, on distingue un paysage à travers les nuages...

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Et le magnifique lac de cratère du volcan, qui n'est pas gelé malgré son altitude. Notre Nicolas Hulot national y a plongé, pour y découvrir les formes de vie sous-marine probablement les plus hautes du monde. Comment ont-elles pu éclore si haut et entourées d'une si haute muraille ?

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Bolivie ou Kamtchatka ?

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Le superbe sommet du volcan Juriques

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Après cette aventure dans un autre "pays d'en haut", je reprends mon vélo, pour franchir la frontière quelques minutes plus tard. Un tampon de sortie, et me voilà au Chili. L'émotion est au rendez-vous, car je sais qu'en quittant la Bolivie, c'est tout un autre monde que je quitte, et qu'avec le Chili, c'est la culture occidentale que je retrouve, en me dirigeant vers la deuxième moitié de mon voyage, qui sera radicalement différente de la première : la Patagonie.

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Bye bye Bolivia...

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Hola Chile !

Encore 5 km de montée m'emmène une dernière fois à 4600 m, puis j'entame une descente déboussolante vers le désert d'Atacama. C'est une expérience thermique, qui commence dans le brumisateur froid et humide du haut plateau, pour progressivement entrer dans le sèche-cheveux tiède de l'Atacama. Au fur et à mesure de la descente, les plantes se raréfient puis disparaissent, et je rentre enfin dans une immense plaine caillouteuse dans laquelle se trouve la petite oasis de San Pedro de Atacama. Le choc du changement de température, de paysage et de culture est violent. Maintenant, place au bus pour traverser la zone centrale de cet immense pays !

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L'interminable descente, toute en ligne droite, vers la vallée de San Pedro

Au bas, il faudra changer les patins !

Et moi je vous dis à bientôt, pour de prochains reportages sur le Chili !

Le désert

25/01/2017

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Je voulais profiter de la journée pour faire de la rando dans l'arrière pays de Valparaiso, mais toutes les réserves forestières du pays sont fermées jusqu'en Patagonie... à cause des risques d'incendie. Quand la France gèle, le Chili brûle. Alors aujourd'hui, ce sera plage et écriture !

Flamands, graviers et tôle ondulée

En quittant la route principale, j'ai rapidement un aperçu de ce qui m'attend : quand ce n'est pas un chaos de pierres (ce qui serait génial en VTT - du genre le début de la descente d'Ailefroide pour les connaisseurs), c'est un petit tapis d'un sol à la frontière entre le gravier et le sable. Au fait, savez-vous quel9 est le diamètre qui sépare le sable du gravier en granulométrie ? 10 points à celui qui trouve sans Google. Ca reste roulable au demeurant, à condition d'adapter le braquet, et ça offre le plaisir de rouler presque où je veux, étant donné qu'il y a des dizaines de traces parallèles différentes.

Jusque-là, ça va. Car à cause du passage des véhicules, le chemin se transforme parfois en un terrain de cross, connu sous le nom de "tôle ondulée" : une alternance de bosses et de creux qui font la largeur de la route, parfois 15cm de profondeur, avec si peu d'espacement qu'il est impossible d'amortir une bosse avec la roue avant sans se prendre de plein fouet une précédente avec la roue arrière. Ca casse la vitesse, et ça demande une concentration incroyable pour supporter tous les chocs que je me prends. Un peu de relâchement, et je me prends une méchante secousse inattendue, et voilà la crise de nerf qui s'installe doucement. A 9h du matin, ça va. A midi, passe encore. Mais à 15h... Désolé pour les flamands roses qui ont reçu toutes sortes de noms d'oiseaux... Rouler en Bolivie, c'est apprendre la maîtrise de soi ; sans quoi le vélo finira tôt ou tard par atterrir dans le fossé.

On peut se demander pourquoi quelques fous s'obstinent à faire du vélo ici... Mais une fois le contingent de 4x4 touristiques passé, nous, les cyclistes, avons le désert pour nous tout seuls - à partager avec les viscaches et les vigognes bien entendu - et cela n'a pas de prix.

Je commence à traverser une petite vallée longiligne dominée par de hauts volcans et parsemée de lagunes, qui sont remplies de flamands roses.

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Laguna Cañapa, et sa surpopulation de flamands

Un petit bivouac par ici sera idéal, me voilà enfin au coeur du désert.

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La laguna Hedionda, au soir puis au matin

Désert du Siloli

Je repars le lendemain pour gagner encore un peu d'altitude, et ainsi me hisser sur un vaste plateau autour de 4600m, connu comme la "Pampa de Siloli". La montée, que je redoutais, se passera sans problème grâce au vent dans le dos, et dans le magnifique décor d'un mini cañon orange.

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Le spectacle, c'est ici que ça se passe, pas au Dakar !

Je roule au fond du cañon, à l'endroit où coula sûrement une rivière un jour, ce qui donne une ambiance assez spéciale et très agréable. Subitement, je sors de ce mini vallon pour déboucher au milieu du ciel, posé sur un plateau de sable-gravier orangé. Par ci et par là, quelques chaînes de volcans enneigés dépassent, le décor est immense et merveilleux.

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L'arrivée à "Silala". Prochaine étape, Solfafa. Avec un peu de chance, j'atteindrai Rédodo pour la nuit.

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Pays merveilleux, à deux pas du ciel.

Une courte descente me fait tomber du plateau pour rentrer dans ce qui ressemble à une large vallée à fond plat, bordée par quelques montagnes. Je roulerai dans ce décor pendant plus de 30km. Par ci par là, des troupeaux de vigognes gambadent dans le sable, scène étonnante que de voir ces animaux (très gracieux) qui semblent s'amuser dans ce désert, alors qu'il n'y a ni ruisseau, ni plantes sur des dizaines de kilomètres...

Un petit bivouac au pied d'un massif de rochers, pour profiter en plein du désert... et des viscaches, pas farouches par ici.

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La pampa de Siloli

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Bivouac au désert

Après avoir roulé encore toute la matinée dans ces paysages, j'arrive en un lieu surprenant, où les volcans ont laissé des rochers en plein milieu de la plaine, et où le vent s'est chargé de les sculpter.

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Qui aime l'adhérence?

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"El arbol de piedra". J'ai vérifié, on ne respecte pas du tout les coefficients de sécurité imposés par les normes...

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La fin du désert de Siloli. A partir de là, j'entame une longue descente vers la laguna Colorada, qu'il faudrait penser renommer "la flaque décolorée" vu le peu d'eau qui reste en ce jour. En arrivant sur la rive, on m'indique qu'il y a un refuge à 7km d'ici.

Après 14 km (deux fois la distance indiquée !), par vent de face et sur tôle ondulée, j'aperçois enfin ce fameux refuge. Pas fâché ! Cela fait déjà 3 jours et 3 nuits que je voyage en autonomie complète.

En plus, un touriste attentionné m'offre le pinard, le bonheur est complet !

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Au pays des lignes droites

24/01/2017

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Hola a todos !

Back on the roads!

Depuis le terminal terrestre d'Uyuni, Tim est reparti vers le Nord, quand moi je prenais le vélo pour le Sud. C'est un peu brutal de se re-trouver seul en plein milieu de l'Amérique après tant d'aventures ensemble, et ça fait bizarre de   trouver à nouveau la tente vide...

Mais c'était ma règle du jeu, et en fin de compte, quoiqu'on dise, je me rends compte qu'il ne faut pas tant de temps pour s'habituer aux changements.

Un peu de Camargue

Je règle mon azimut à 180, mon cap pour tout le reste du voyage. Le passage du rallye précipite un peu mon départ : à cause des prix qui flambent dans cette ville d'Uyuni, je préfère ne pas attendre ces soit disant "champions", qui n'hésitent pas à emprunter les rares routes asphaltées du pays plutôt que de rouler en terrain boueux.

Mon objectif, l'Atacama, pour définitivement passer la frontière Chilienne.

Ma route : la région semi-désertique de haute altitude du Lipez, qui constitue l'extrême Sud du pays.

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Une future championne ?
On me prévient en partant que la campagne est inondée. Une fois n'est pas coutume, je n'écoute pas les conseils des boliviens, qui me disent que je ne pourrai pas bivouaquer sur une centaine de km, et qu'il me faut partir demain pour atteindre un village ; après 20 km je pose ma tente dans une plaine asséchée.
Les 2 prochains jours, je roulerai dans la grande plaine au Sud du salar, par des routes sans virages et (presque) sans villages. La distance entre 2 pueblos est de 30 ou 50 km, je fais jusqu'à 15 km sans le moindre changement de direction. Ca peut paraître ennuyeux, mais j'aime vraiment ce genre de routes.
La terre est très colorée, souvent d'une belle couleur rouge qui donne quelques airs d'Outback Australien. Une après midi, je croise sous mes roues la plus grosse araignée que j'ai jamais observée. Ok, je n'irai jamais rouler en Afrique ou en Australie.
Le second soir, je m'installe quelques kilomètres après un village de mineurs qui extraient le lithium, sur une petite plaine de sable. Un violent orage éclate, et je me retrouve en quelques minutes piégé dans ma tente qui flotte sur 3cm d'eau, écoutant impuissant la grêle et les rafales de vent qui jouent avec mon abri précaire. A chaque seconde, je me demande combien de temps je vais rester au sec dans cette tente. En fin de compte, je n'ai qu'un mot à dire : merci decathlon pour la qualité du produit !
Le lendemain, la plaine est inondée, et la piste apparaît comme une digue qui trace sa route au milieu d'un lac. Je rencontre les difficultés plus tôt que prévu, avec la boue qui colle à mes roues, et m'arrête net lorsque je baisse ma vigilance.
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Australie ?
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La boue, la peur de l'artillerie, la galère des vélos
P1080746Roulant à travers la plaine innondée, avec toujours quelques chaînons montagneux en vue.
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Je croise un petit courant d'eau claire qui se jette dans la plaine transformée en lac. Qui pourra distinguer le ciel de la terre ? "C'est au bout du regard, là où les bateaux quittent la mer..."
Dernier village
En arrivant au charmant petit village de San Juan de Rosario, je sais qu'il s'agit pour moi de la dernière communauté humaine dans mon itinéraire, si l'on excepte les refuges touristiques et les fermes isolées. Il est temps pour moi de remplir mes réserves d'eau au maximum pour pouvoir affronter le désert en autonomie complète. Merci à Victoria qui accepte gracieusement de me servir de l'eau de sa réserve personnelle. Me voici avec 13 litres, qui me permettront 4 jours d'autonomie selon ce que j'espère.
Je passerai une 3ème nuit dans cette grande plaine, un peu plus tranquille cette fois, avant d'attaquer les choses sérieuses.
Au fur et à mesure que je me rapproche de la frontière, que je longerai sur 250km, le paysage se couvre progressivement de volcans enneigés. Pour gagner une dizaine de km,  je coupe en mode "hors piste" dans une plaine de sable, au bout de laquelle se termine ma route au plat. Il me faut quitter cette grande plaine que je fréquente depuis Uyuni, pour monter sur des hauts plateaux plus désertiques.
Au bout de la première montée, je croise un couple de lyonnais qui traversent en 4x4 les Amériques, qui me proposent de prendre un café bien apprécié à ce moment de la journée. Quelques kilomètres plus loin, après une portion de piste (enfin) roulante et de toute beauté, je quitte l'axe principal, pour désormais me faufiler par les traces de 4x4, seuls véhicules à s'aventurer par là, à travers les déserts d'altitude de l'extrème Sud bolivien. Mais ça, c'est une autre partie de l'histoire !
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San Juan de Rosario, dernier village. Une centaine de personnes, vivant de l'élevage de lamas et de quelques cultures, sous l'oeil bienveillant du volcan Ollague, déjà au Chili.
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A mi-chemin de la plus longue ligne droite
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Condensé de Sud Bolivien : une piste en terre dans la plaine, sous un volcan, un troupeau de lamas ou de vigognes en embuscade.
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En prenant de la hauteur, après 2 jours et demi tout droit et tout plat. Au loin, le Chili.
P1080766Derniers kilomètres sur quelque chose qui ressemble à une route, dans un monde de roches colorées et de volcans.
 

Salar, here we are

21/01/2017

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Après les canyons arides du Pérou, c'est tout naturellement que nous mettons le cap vers le sud de la Bolivie. Départ donc le 31 décembre de La Paz pour une arrivée le 01 janvier 2017 à Uyuni. On ne sait pas exactement l'endroit où on était pour ce changement d'année mais ce que nous savons c'est que l'on dort mal dans un bus de nuit bolivien. Apparemment, les routes sont plus adaptées au Paris-Dakar qu'à une sieste. Bref, c'est pas comme si on venait de louper un grand événement. L'ambiance dans le bus était au rendez-vous : trente personnes essayant de dormir malgré les dos d'ânes boliviens.

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On part finalement pour le cimetière de trains (de locomotives pour être plus précis) en passant par le biais d'une agence. Ensuite direction le désert de sel d'Uyuni (le salar). Après avoir forcé un barrage de police, on y arrive enfin. L'entrée de ce salar est marquée par cette statue :

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On a bien pensé à toi, notre cher grand-oncle. Cette statue est entièrement faite de sel. Le salar d'Uyuni est le plus grand désert de sel du monde. Sa superficie est égale à celle de l'Île de France avec parfois une profondeur atteignant 120 mètres de sel. A lui seul, ce salar détient le tiers des réserves de lithium de la planète. Mais les boliviens n'ont pas les capacités de trier le lithium du sel. Les boliviens sont payés une misère pour extraire le sel et l'envoyer au Chili, qui se frotte les mains de faire des bénéfices aussi importants en revendant cette matière rare.

On fait une pause devant un hôtel de sel pour pouvoir contempler le paysage.

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La chaleur au niveau du sol est telle que les 4x4 on l'air de flotter.

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En Bolivie, les bières sont un peu plus grosses qu'en France. Ne commandez pas une pinte !

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Ce croc aussi est d'une taille démesurée.

Puis on approche une flaque d'eau :

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Réflexion totale.

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Un petit coucher du soleil comme on en a l'habitude en France.

On dort à Coqueza, un petit village en bord de mer évaporée.

Le lendemain on part pour le volcan Tunupa qui domine le salar.

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Sa forme spectaculaire et ses couleurs font tout le charme de ce volcan.

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Le rouge est prédominant mais le jaune et le violet sont aussi présents sur ses pentes.

Le guide nous dit que l'on est actuellement sur le terrain de chasse du puma.

Heureusement on voit des viscaches donc la probabilité de ne pas finir dans les griffes de ce "super-over-giga-méga-prédateur of the dead" n'est pas nulle.

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Du haut de ce volcan (5200m), on domine le salar. Imaginez-vous en haut d'une montagne de 1600m placée juste au bord de la mer (de sel).

Après cette magnifique aventure, nous partons pour l'île Incahuasi. Beaucoup de 4x4 circulent devant, mais lorqu'on passe derrière un cap, plus personne si ce n'est l'infini de sel.

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Après avoir "planté" la tente on va sur notre table et on mange...

Première nuit sur du gros sel : ça fait bizarre (mais surtout mal au dos)

On part à la recherche de l'eau sur ce salar (pour voir des reflets : lors de la saison des pluies, le salar est recouvert d'eau et il se transforme en gigantesque miroir). Après avoir marché une dizaine de kilomètres dans une direction, on croise un 4x4 qui nous dit que l'eau s'est évaporée. Ca doit faire 10km pour le retour. Marcher - à plat - sur un plateau de sel à perte de vue est très déroutant et plaisant (et oui un montagnard qui dit ça, la honte).

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On pourrait partir et marcher sans s'arrêter vers le coucher du soleil...

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Petite prime à qui saura reconnaître de quel album de Tintin cette image est tirée.

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Quelques photos de l'île.

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Alors lui, il est trop fort pour ne pas se faire embrocher.

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Curieuses formations volcaniques : une couche de lave entoure chaque pierre de cette île.

C'est l'heure de quitter mon frère... Et maintenant, que vais-je faire ?

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Au revoir Val, merci pour tous ces si beaux moments qu'on a pu partager ensemble.

Continue à te faire plaisir dans toutes les activités que tu vas entreprendre. Prends plaisir aussi dans toutes les rencontres que tu feras et souris, c'est le plus important même si t'es seul.

Au plaisir de te revoir dans 4 mois mais de te lire plus rapidement.

"Jeune homme, réjouis-toi au cours de tes jeunes années, et que ton cœur se fasse du bien pendant ta jeunesse ; marche sur les chemins où tu voudras aller et va vers ce que tu désires". Ecclésiaste 11:9 (la Bible)

 

On a marche sur la lune !

24/12/2016

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Feliz Navidad ! Que ce soit pour chacun le temps de paix et de joie annoncé !

Au milieu des festivités, voilà un petit reportage depuis l'Amérique du Sud qui est aussi au rythme des fêtes depuis quelques semaines déjà.

Dimanche dernier, nous avons mis le cap à l'Ouest pour profiter de quelques jours du Parc National de Sajama. Au fil des kilomètres, le bus qui file à toute allure par d'interminables lignes droites nous emmène vers des régions progressivement désertiques. Car aux latitudes tropicales, les côtes Ouest des continents sont souvent des zones désertiques (comme la Namibie ou l'Australie par exemple), et l'Amérique du Sud ne fait pas exception à la règle. Jusque là, nous étions restés sur le bord oriental de l'altiplano, à quelques encablures de la forêt amazonienne.

On atteint même un village frontière avec le Chili, d'où nous prenons un véhicule pour le coeur du parc. Ici, nous sommes en terre volcanique, et le volcan du Sajama domine le paysage de ses plus de 6500m. C'est le toit de la Bolivie, une montagne à la forme mythique, que l'on voit depuis très loin à l'horizon.

Notre idée en venant ici est de pouvoir gravir un volcan et découvrir par la même occasion la haute altitude sans difficultés techniques. Le Parinacota (qui veut dire "Flamant Rose" en Aymara) est notre choix, avec sa forme parfaitement conique. Très vite après le village (particulièrement désert) de Sajama, nous entrons dans un monde hors de nos repères. Après "Tintin en Amérique", nous écrivons l'épisode "On a marché sur la Lune".

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"Des petits pas pour l'homme, mais de grands bons pour l'humanité !"

Nous montons en direction de notre camp de base pour l'ascension du volcan, sur un col à la frontière Chilienne. De là, nous sommes exactement entre le volcan Parinacota, que nous allons essayer de gravir, et la majestueuse face glacière du volcan Pomerape.

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Le Pomerape "A l'atardecer" depuis notre camp de base, où nous avons fait les maçons pour terrasser un endroit à peu près plat et nous protéger du vent qui souffle fort en soirée. C'est notre nuit la plus haute pour tous les deux, et nous prévoyons de nous lever bien avant l'aube le lendemain matin pour tenter le sommet.

Le jour de l'ascension, nous sommes tous les deux en forme et motivés, le temps est bien clair et calme. Réveil à 6h30, heure française... donc 1h30 pour nous : c'est parti ! 

Nous attaquons d'entrée de jeu les pentes du volcan, très régulières jusq'au sommet. C'est un tapis de petits cailloux sur une couche de sable noir meuble. Heureusement qu'il y a un sentier pour faciliter notre progression, sans quoi ce serait presque impossible de monter (effet "dune").

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Après 4h30 d'effort, Tim arrive sur le point le plus haut du cratère ! Les dernières centaines de mètres furent plus fatigantes, mais l'arrivée à la cime nous motive, le panorama sur le désert que le soleil est en train de révéler est exaltant. Sans parler du cratère, qui est une spectaculaire arène rocheuse.

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A 6348m, on essaie de sourire, mais ça ne se voit pas trop sur les visages ! A l'intérieur, la joie est immense de se retrouver sur ce sommet.

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La vue du cratère du Parinacota. A plus de 6000m dans le sable et les rochers, à l'heure où les dunes du Sahara sont couvertes de neige ! On profite du paysage pendant une bonne demi-heure, avant de se lancer dans la descente par un itinéraire plus direct, tout droit dans les pentes de sable incroyablement régulières. Personnellement, je rêvais de gravir un cône volcanique pour profiter de ce paysage fuyant à 180 degrés, et je ne suis pas déçu. On pourrait rester des heures, suspendus aux pentes du volcan, à contempler le désert environnant.

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Le Parinacota au lever du soleil, vu au matin de notre retour pour La Paz. Une mini-chute de neige l'avait reblanchi, mais c'était presque tout sec le jour de notre ascension, comme souvent en cette période de l'année. Nous avions bivouaqué au col tout à droite de l'image et sommes montés par l'arête qui se découpe à droite. La descente se fait un peu plus à gauche, droit dans la pente.

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Le volcan Pomerape pendant la descente, avec les curieuses formations de glace des "pénitents" au pemier plan. Un capitaine pour expliquer dans les commentaires le pourquoi de leur formation ?

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Tim en action dans la descente.

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Le désert à perte de vue.

Après une grosse sieste, on entame notre retour vers le village de Sajama, qui durera deux jours, pour plus de 20 kilomètres de marche dans le désert. Heureusement que la poche à eau ne s'est pas percée !

L'ambiance en photo :

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A travers vallons rocheux, plaines de sable et pâturages pour lamas. Ça ressemble à de l'herbe, mais impossible d'y marcher sans chaussures tellement c'est piquant.

Pour nous rappeller que nous n'étions pas "sur la lune", on apprendra à notre retour au village que la frontière côté chilien était minée, des restes de la guerre passée entre les deux pays... Même dans ces hautes montagnes, les hommes trouvent de quoi faire la guerre. Ici, c'était il y a 200 ans. Dans les hautes vallées du Cachemire, c'est en ce moment.

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Un petit explorateur sur la toile de tente au matin...

Allez, un petit jeu : trouvez ce que disent les lamas sur les photos ci-dessous, et écrivez les dialogues en commentaires ! Une petite prime si vous nous faites bien rire !

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A votre imagination !

Le dernier jour, nous nous pointons à 5h40 sur la place du village de Sajama, pour prendre le minibus de 6h00 vers La Paz... qui vient de partir il y a quelques minutes. C'est parti pour un "Pekin Express" (Luc et Louis-Mael, on vous attend. Mais qu'est-ce que vous faites ? A Crest, c'était juste la première étape !).

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L'église de Sajama au petit matin, point de départ de notre aventure sur les routes pour atteindre La Paz. Il est 6h, et nous devons arriver à La Paz avant 16h. Top chrono !

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Premier véhicule : le coffre d'un camion brinquebalant, qui fait du 90 sur une piste défoncée. Et que ça saute !

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On nous dépose en rase campagne. L'aventure continue ! On s'en tirera plutôt très bien, en arrivant à La Paz à 13h.

Quelles seront les prochaines péripéties ? A quelle sauce va t-on déguster les fêtes de Noël ?

Joyeuses fêtes à tous,  ¡ Que les vayan bien !

 

PS : les images sont un peu floues, c'est la Cerveza dûe à une compression informatique un peu rude...

Vous reprendrez bien un peu de lac ?

17/12/2016

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Si vous avez aimé le compte rendu de mon voyage le long de la côte Est du lac Titicaca, ne manquez pas celui-ci.

Après les neiges de la cordillère (dont une petite matinée de neige au bivouac, qui nous a permis de se rappeler de l'ambiance de Noël même sous ces latitudes tropicales), nous sommes partis vers Copacabana, une ville nichée dans une presqu'île qui s'avance sur le lac. Elle est connue par les Andins par sa fameuse "Vierge", et par les étrangers comme le centre du tourisme sur le Lac. Certes moins authentique car plus touristique, la région est vraiment spectaculaire, et la qualité des paysages exceptionnelle. Des sommets à plus de 400m au dessus du lac, deux presqu'îles séparées par un détroit qui offrent une vue sur les parties Sud et Nord du lac, et bien sur la "Isla del Sol", plus grande île du lac. C'est ici que l'on va randonner pendant deux jours. Petit trajet en bateau donc depuis Copacabana. A l'aller, nous manquons de revivre un "Titanic" à la Bolivienne. Plus de détails en video lors de notre retour !

Les paysages, au soleil, sont extraordinaires et immenses. La couleur du lac est toujours si particulière. Récit en photo, sachant que les images n'ont pas été retouchées

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Sur le trajet en bateau

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Cactus sur l'île

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Un peu d'escalade, je ne pouvais pas laisser ce magnifique rocher sans la trace de mes mains...

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Les plages de sable blanc au Nord de l'île... Baignade de rêve (Quand il fait chaud. Et qu'il n'y a pas de vent. Et que le lac n'est pas trop profond)

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La plage parfaite pour une baignade...

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...et la preuve de la baignade. Euh, La Sportiva, c'est pas une chaussure d'alpinisme ?

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Une bonne idée de la couleur du lac, qui tranche bien avec les rochers de grés orange

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L'île est touristique, mais n'en demeure pas moins habitée par les Indiens Aymaras, et l'agriculture se perpétue. L'envie est forte de se faire un jambon ce soir...

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Les terrasses pour l'agriculture qui sont omniprésentes sur l'île.

L'après midi, le soleil éclaire la rive Est du lac (normal...), et les nevados de la Cordillère Réal se révèlent en pleine lumière. Féérique, hors du commun, dépaysant.

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L'Illampu et son jumeau l'Ancohuma, qu'on a déjà rencontrés quelques articles plus tôt (La Bolivie entre les gouttes)

Dans ces conditions là, il vaut mieux planter sa tente dans un endroit panoramique, quitte à avoir un peu plus de rochers sous le matelas :

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La tente, sur la crête principale de l'île  qui est parcourue par un chemin Inca, ressemblant vaguement à une muraille de Chine arasée :

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Et finalement, le lendemain matin, trois gouttes résonnent sur la toile de tente. Pas envie de sortir profiter du lever de soleil, ça doit être bien gris. Erreur, erreur...

...

 

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Cette parenthèse de rêve s'est refermée hier soir, demain on part pour le désert et les volcans du Parc National de Sajama, on nous a dit que ça valait le coup !

Un tour au Condoriri

17/12/2016

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Tim ne s'était pas bien acclimaté à la ville de La Paz, alors on est parti dès Lundi vers les montagnes. Direction le sud de la Cordillère Réal, tout proche de la ville, et le fameux massif du Condoriri.

Arrivée en taxi à 4500m, l'acclimatation est assez brutale pour Tim, qui tient le choc toutefois. Une heure et demi de rando pour arriver à notre campement, où l'on va profiter de 3 jours en montagne.

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Premier contact avec le groupe du Condoriri et sa belle lagune. Campement juste de l'autre côté du lac.  Même si les dénivelés ne sont pas immenses, le décor est grandiose. Des falaises immenses, coiffées et entrecoupées parfois de glaciers. Il n'y a presque pas de transition entre les pâturages et les montagnes, ce qui donne une ambiance particulièrement agréable.

Une petite photo des frangins au coucher de soleil :

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Et le sommet du Condoriri, vraiment esthétique même s'il est un peu sec en ce moment :

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Le deuxième jour, on profite d'une belle matinée pour monter à un petit col à 5000m, le premier pour Tim. D'en haut, on découvre la vue de la face Nord du Huayna Potosi. Un grand moment, que l'on a peine à quitter. Le sommet en glace dépasse majestueusement les crêtes voisines, on a le sentiment d'être devant un des "géants de la terre".

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Deux vues du Huayna Potosi, 6088m

De retour au camp de base, on trouve un ballon "made in altiplano", accompagné d'un joli terrain plat. Il n'en faut pas plus pour réinventer les Jeux Olympiques à 4700m :

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Football

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Volleyball

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Pétanque, avec un coccyx d'alpaga en guise de cochonet. Victoire Valentin par 10 à 4.

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Bowling, égalisation de Timothée par 9 à 6.

Ces vallons et lagunes d'altitude ne sont pas déserts en ce qui concerne la faune. Beaucoup d'oiseaux, les troupeaux de lamas et alpagas bien sûr, et les viscaches dans les rochers. Voilà un petit reportage animalier signé Tim :

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Et un alpaga multicolore pour finir.

On a observé une autre étrange créature, mais on attend notre retour au pays pour la montrer à Clothilde et profiter de son rire en direct :-)

Au fait, qu'est ce qu'on mange à cette altitude ?

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Une fondue bolivienne ! C'est la meilleure ou bien ?

La Paz

17/12/2016

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Nuestra senora de La Paz de son nom complet (Notre dame de La Paix, pour ceux qui n'ont pas revisé leur espagnol...), est une ville difficilement imaginable. Il faut la voir pour la croire, et seul un photographe pro pourrait bien décrire l'ambiance qui ressort de cette ville.

J'y suis arrivé   après avoir traversé à El Alto, sa ville banlieue sur l'altiplano, une sorte de "favela" à la Bolivienne qui s'étend comme une tache d'encre sur le plateau. Et tout d'un coup, on arrive au bord du plateau, et la steppe laisse place à un immense amphithéâtre fait de maisons de briques et de falaises désertiques. Et tout en haut, comme un gardien du décor, trônent les neiges de l'Ilimani, 6430 m.s.n.m.

Mon arrivée en vélo dans la ville m'a offert une des plus spectaculaires descente urbaine que l'on puisse imaginer, de 4100 au bord de l'altiplano, à 3600 au centre de la ville.

Quelques photos malgré tout

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Des montagnes de briques, à presque 360 degrés.

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Le fouilli architectural du centre ville. Il faut s'y adapter !

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Le Seigneur de la ville

Dans les collines de la ville, les rares mètres carrés de libres sont occupés par des falaises de terre et de conglommérat, formant d'étranges décors géologiques. Toute la partie aval de la ville offre des scénarios assez hors du commun. Par exemple, à la "vallée de la Luna", en photo ci- dessous

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Dans cette "abruptation" de la ville, les transports en bus ne sont pas idéaux (et on ne parle pas de la circulation. Non, on n'en parle pas...), et le gouvernement a eu l'idée très bonne d'implanter quelques téléphériques en guise de transports en commun.

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La Paz ou La Grave ? Ce qui est sùr, c'est que La Paz, c'est grave !

Les pentes du centre ville sont un immense marché à ciel ouvert, certaines rues sont quasiment entièrement envahies par les stands. Chaque rue a sa spécialité commerciale, défiant toutes les lois de la concurrence. Ainsi, "Calle (rue) Murillo", vous aurez l'occasion de vous faire couper les cheveux par une dizaine de coiffeurs. La place San Francisco est le coeur artistique de la ville. Comiques et clowns de rues, troupes de danseurs hétéroclites animent les soirées.

Impossible également de passer à côté des "Saltenas", beignets aux poulets typiques, et des jus de fruits mixés en direct dans la rue.

Une dernière petite tranche de La Paz : le concert de klaxons. Dans la minute qui vient de s'écouler, on pourrait en compter une petite quarantaine.

En conclusion, La Paz est bien différente de Cusco pour le voyageur qui la visite.

Torotoro

10/12/2016

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Un coucou à tous, en France ou ailleurs !

Je suis un peu fatigué pour écrire ce soir, et comme le planning des prochaines semaines s´annonce chargé - la faute à un certain petit frère qui débarque !- je vous laisse simplement un petit reportage photo de ma semaine passée, qui mérite le détour. Au programme : la Savane et la Garrigue Bolivienne, Canyons, Géologie et Paléontologie.

Si d´aventure vous vous perdez  à Cochabamba, et que vous atteignez la vallée du Rio Caine, un conseil : traversez la, à pied ou en canoë. Cette vallée mérite bien plus qu´un simple passage en bus. C´est un paradis perdu, difficilement descriptible. Pas de photo sur ce blog, pour conserver un peu de mystère ;-) (Et aussi parce que j´avais plus de batterie lors du retour en bus...)

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La Bolivie entre les gouttes

05/12/2016

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Non pas que ce pays soit particulièrement pluvieux, mais j'arrive pendant la saison humide, et le risque des pluies est plus important, un peu comme un mois de Mai en France, avec pluies et orages.

En effet, j'arrive en Bolivie le jour même d'un changement de temps, après, parait-il, une période de sècheresse assez longue. Ici,à  La Paz d'où je vous écris, les habitants ont accés à l'eau un jour sur 3. Je me sens comme dans une bulle de verre dans mon auberge de jeunesse, témoin mais non participant de la réalité de la vie dans cette ville. Apparemment, il s'agit surtout d'une mauvaise gestion des stocks d'eau, car c'est une situation inédite pour le pays. Somme toute, je préfère de loin qu'il pleuve pour les habitants d'ici, je profiterai des éclaircies, et mettrai mon K-Way le reste du temps.

Pourtant, les toutes premières minutes avaient commencé sous un ciel limpide, comme vous avez pu le constater sur la dernière photo. Mais rapidement, je bifurque vers l'intérieur des terres, et le ciel devient noir en à peine 3 kilomètres.

Dès le début, j'ai un aperçu des couleurs de la terre dans ce pays

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Du blanc, rouge, violet, quelques reflets de vert, me voici en terre de Bolivie.

Après quelques kilomètres, je débarque dans ma première agglomération Bolivienne.

Je me présente au poste de police

"Bonjour, j'ai traversé la frontière dans un lieu paumé, où est ce que je peux obtenir mon tampon d'entrée ?"

Finalement, on me dirige vers le bureau de "Migration" (J'ai toujours rêvé d'être un oiseau). J'arrive à 11h30, le bureau ferme à midi, mais apparemment l'inspecteur n'est pas réglé au bon fuseau horaire. J'attends 14h pour la réouverture, enfin plutôt 15h, car l'inspecteur a sûrement dû régler sa montre entre temps, mais il a un peu trop retardé son heure. On m'explique que je suis sorti du Pérou par un endroit qui n'est pas permis pour un européen ; en effet, le policier péruvien qui m'a contrôlé n'a pas la formation suffisante pour annoter ma date de sortie sur mon passeport, et les Boliviens s'en retrouvent forts dépourvus. On me rédige un sauf conduit, en me sommant de me rendre à la frontière au Sud du lac d'ici 5 jours. Il pleut, je suis un peu fatigué et dans un trou paumé, on me propose de faire une partie du trajet en bus pour 2 euros. Je craque, et shunte 120km sur mon trajet, pour pouvoir régulariser ma situation le plus rapidement.

Le soir au bivouac, premier contact avec la Cordillère Réal

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Un des sommets majeurs de la Cordillère Réal, le soir depuis mon bivouac dans une plaine au bord du lac.

Le lendemain, après 3 minibus, un bateau et un taxi, j'atteins la frontière Péruvienne. Je la passe à pied incognito, puis me présente aux douanes péruviennes puis boliviennes, comme si je venais juste de débarquer en Bolivie. Pas vu pas pris. Je passe à Copacabana, une ville logée dans un coin spectaculaire du lac, et très touristique. Je réalise que depuis l'Ausangate, j'ai vu très peu d'occidentaux. 3 cyclistes Brésiliens, 2 motards passés incognito à Macusani, et le père David O'Connors de Macusani toujours. Et c'est tout, pour 3 semaines de voyage.

Je remonte un peu vers le Nord pour profiter en plein des sommets de la Cordillère Réal. J'ai le droit à une éclaircie majestueuse, et en profite pour grimper une petite montagne dans la plaine au coucher de soleil.

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Au dessus des montagnes, il y a les nuages. Au dessus des nuages, il y a une montagne. L'Ancohuma. à plus de 6400m, le plus haut sommet qu'il m'ait été donné de voir. Quelques minutes plus tard, je distinguerai au loin l'Illimani, le gardien de La Paz, qui le dépasse d'une dizaine de mètres.

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L'altiplano de Bolivie est pas mal également. Du côté d'Achacahi (aille aille aille).

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Une seconde vue de l'Ancohuma, qui ressemble vaguement au versant chamoniard du Mont-Blanc, s'élevant doucement, avec une belle bosse glaciaire au sommet. Son jumeau, l'Illampu, réputée difficile d'accès, est dans la perspective. En fait, on le voit sur cette photo, mais il se confond avec le reste de la montagne.

Le lendemain, je compte avancer plus au Sud dans la Cordillère pour atteindre une lagune où bivouaquer. Mais les sommets sont bien bouchés, et le ciel bien noir.

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La petite maison dans la prairie Bolivienne. Je me rapproche de La Paz, mon premier terminus.

Au bout de quelques temps, je rejoins deux écoliers qui rentrent à vélo, et qui vont m'accompagner quelques temps. Ils font 3 heures de vélo par jour dans la steppe pour aller et rentrer de l'école. Malheureusement, le chemin que j'emprunte se termine en cul de sac. Demi-tour, je sens que je vais rentrer direct à La Paz, j'ai besoin d'un peu de repos, de confort et de civilisation.

Comme j'ai un peu mal au dos, j'ai demandé à Tim de me rejoindre à La Paz pour venir me faire un massage. Accessoirement, il en profitera pour passer quelques temps avec moi pour parcourir la Bolivie et un peu de Pérou ;-)

Vous aurez l'occasion de le lire sur ce blog !

A bientôt, il va me falloir un jour raconter sur ce site la ville de La Paz, qui ne ressemble vraiment à rien d'autre.

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