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Le 28/09/2017
Non, il ne s'agit pas d'une nouvelle directe à la Dibona...
Il y a que les 1 an de ma rencontre avec les Andes approchent à grands pas, et il y a des anniversaires qui se fêtent comme il se doit. (Que l'Alpe me le pardonne, j'ai bien vite oublié mon amour de jeunesse en connaissant sa grande sœur... Mais maintenant que je suis rentré vers elle, je vois bien que son charme ne souffre pas de la comparaison !)
Alors, pour l'occasion, je publie un billet que j'ai commencé à rédiger sous les tropiques, en Décembre dernier, dans un recoin obscur de la gare centrale de Cochabamba.
Le 16/04/2017
Et si, arrivé au bout du monde, l'aventure ne faisait que commencer?
Sur le quai Tres Puentes de Punta Arenas, j'embarque à bord du Yaghan. Il est 5 heures du soir, très loin sur l'horizon émerge un groupe de montagnes de glace qui paraissent des icebergs flottant dans les eaux du détroit. Nous dépassons de nuit le cap Froward avant de quitter le détroit pour le canal Magdalena. A minuit, éclairé par un puissant clair de lune, nous passons au pied du mont Sarmiento, sentinelle isolée et inaccessible de ces eaux Magellaniques. Une forte houle me réveille à 6h du matin, je sors sur le pont pour regarder le spectacle. Vers l'Ouest, l'horizon s'ouvre sur le grand large ; nous voilà au bord de l'océan pacifique. Je pense à Magellan et ses marins, s'avançant dans cet océan encore inconnu. Le ciel est plus étoilé que jamais avec la lune qui s'est couchée, le lever de soleil va être beau.
L'oeil n'est jamais rassasié de voir
Le 06/04/2017
"À voir de belles choses, on ne finit pas par se lasser en fin de compte? "
La question remonte à San Pedro de Atacama. Je voyageais alors depuis 2 mois et demi, et je répondais que jusqu'ici, pour moi, l'émerveillement durait. Aujourd'hui, avec plus de 5 mois d'itinérance en Amérique du Sud au compteur, je constate que le regard n'est jamais repu de paysages et de vie sauvage. Même si l'excitation du début se transforme en routine. Une routine de vie sauvage, une routine de spectaculaire qui ne ternit pas le plaisir, bien au contraire.Il faudrait plutôt s'inquiéter d'addiction, que de parler de lassitude...
À mon bon souvenir, et à mes futurs voyages
Le 23/03/2017
La steppe. Un mot aux connotations asiatiques, qui nous fait penser à une ribambelle de pays qu'on ne saurait placer sur une carte. Mongolie, Kazakhstan, et tout autre pays-en-stan dont on se demande s'il existe vraiment.
Une cinquantaine de kilomètres autour du village de Crucero, au Pérou, furent une révélation pour moi. Quel pied de rouler dans ces étendues libres de toute perturbation oculaire...
La forêt amazonienne fut une étape mémorable, tout comme le désert de Bolivie. Le lac Titicaca et les fjords de Patagonie m'offrirent des paysages absolument superbes. Mais la steppe restait dans ma tête une partie à part, une nostalgie d'une journée de vélo qui fut trop courte à mon goût. Qu'à cela ne tienne, à peine le village d'El Chalten laissé derrière moi, me voici en plein milieu de la Patagonie sèche. C'est parti pour 220 km jusqu'à la prochaine agglomération; cette fois ci j'aurai le temps de profiter. Direction El Calafate donc, en longeant premièrement le lac Viedma sur sa longueur, puis le rio Leona qui se jette enfin dans le lac Argentino au bord duquel se trouve El Calafate (du nom d'un arbuste similaire à l'airelle).
Pourquoi ces paysages me fascinent-t-ils à ce point ? Sont-ce ces inlassables successions de sèches steppes sans fin ? Ou la vacuité quasi-sidérale d'un décor sans nulle sophistication?
Comme disait un sage mongol : "mi-han dumol sikot, mart him Khan dol". Ca ne veut absolument rien dire, mais je trouve que c'est dans le ton.
Je rajoute à ce petit compte - rendu ma dernière rando dans le secteur du Fitz-Roy, ainsi qu'une journée fantastique en face des seracs du glacier Perito Moreno.

Couleurs d'automne dans les forêts de Nothofagus, entre cordillère et steppe. Au fond, les lagunes Hija et Madre.

Lagune de los Tres.

Et, le jour de la photo, on n'avait pas encore passé l'équinoxe d'automne! Tant mieux pour mes yeux.

Laguna Capri

Les méandres du Rio de las Vueltas

Paysages oniriques, pour moi du moins. On m'avait demandé, alors à El Chalten, si je ne trouverais pas ces paysages ennuyeux. "Ca peut paraître répétitif, mais je trouve qu'il y a un je ne sais quoi de vraiment fantastique à rouler des heures dans ces étendues".



Autruches, renards, Guanacos. La faune de la steppe.

Au bout du lac Viedma, les sommets de la cordillère sont encore très nets, à plus de 80km à vol d'oiseau.

Le rio la Leona, à côté du café-hôtel La Leona, où se cacha Butch Cassidy -un célèbre bandit américain des années 1900- après qu'il eût cambriolé une banque à Rio Gallegos.


Le ciel pour plafond, la steppe pour matelas.
Retour temporaire vers la cordillère, pour une journée de tourisme Au glacier Perito Moreno (du nom d'un des plus célèbres explorateurs de Patagonie, au même titre que le père Alberto De Agostini). Ce glacier est toujours rattaché au champ de glace Sud, et s'écoule dans le lac Argentino, dont il vient presque entraver le cours. De la rive opposée, on a une vue de premier choix sur cette longue muraille de Séracs, haute de 70m en son point culminant. Le velage du glacier, c'est à dire le détachement de blocs de glace qui viennent tomber dans le lac pour former des icebergs, est un spectacle spectaculaire - comme aurait dit Lapalisse s'il était encore en vie.




"El beso de hielo"

Demain, retour dans ma steppe pour un nouveau voyage de plusieurs jours. Les étendues de Patagonie suffiront-elles à me rassasier d'immensité? Sinon, il me faudra un jour ou l'autre trouver un terrain de jeu de plus grande ampleur...
Amitiés du Sud !
Le 17/03/2017
El Chalten... Un nom qui résonne comme un El Dorado de la montagne, un petit coin aussi perdu que réputé à l'autre bout du monde. Il me fallait voir de mes yeux ce recoin des Andes, et ça tombe bien car il se situe exactement sur ma route vers le bout du monde. Après la traversée rocambolesque de la frontière Argentine et la navigation sur le lago del desierto, une matinée de vélo sous la pluie me mène au village. Les montagnes resteront ennuagées les deux jours suivants, histoire de préparer les excursions à venir en rêvant à quoi peuvent bien ressembler ces paysages. Samedi matin, en sortant la tête de la tente, je découvre un ciel complètement dégagé. Ni une ni deux me voilà bâtons en main et chaussures aux pieds, tant pis pour mes vivres qui sont séquestrés dans la cuisine du camping jusqu'à 8h.

Le village d'El Chalten dans une petite vallée avant la steppe
Première excursion : la classique
Direction la laguna torre, au pied du verticalissime Cerro Torre. De loin, la montagne paraît assez petite, comme un appendice qui vient terminer une longue muraille glacière. Plus on se rapproche, plus elle s'individualise et révèle sa silhouette insolente. Un immense surplomb plaqué de neige sur la face Sud isole la partie terminale de la paroi, qui paraît suspendue en porte à faux dans le vide environnant. Pour ajouter au décor, un Condor se permet un petit tour dans le ciel. En revenant, je fais un crochet par deux petits lacs pour me retrouver au pied du Fitz Roy, le géant du coin. Dominant de 3000m la vallée vers l'Est, il s'avance dans le paysage comme un bastion qui donnerait accès à une autre planète. Sous cet angle là; sa forme en "pain de sucre" est particulièrement spectaculaire. Les autres sommets qui orbitent autour de lui, et qui paraissent habituellement sur les photos comme des épaules du Fitz, ne sont pas moins impressionnantes, entre autres l'aiguille Poincenot et sa fine paroi de bien 1000m de hauteur. Retour à El Chalten dans une ambiance de plus en plus steppique complètement déboussolante après ce monde de glaciers et d'aiguilles rocheuses. Tout cela semble être le décor d'une autre planète.

Départ du village, le Fitz Roy dans son habit matinal

Le Cerro Solo qui domine le village

Et le Cerro Torre

Les Cerro Nato et Adela qui accolent le Torre

Silhouette mythique...

Le décor près de la laguna torre dans son ensemble

Laguna Hija

Le Roi du massif et ses valets, surplombant la laguna madre

Le troisième et dernier 3000 du massif, l'aiguille Poincenot


En redescendant au village, au dessus de la vallée de las vueltas. Sècheresse de fin d'été ou coup d'envoi de l'automne?
Seconde excursion : au pied du géant
Lundi, début d'une période de beau temps qui tombe à pic pour moi. Direction le Nord du massif, et le refuge de la Piedra del Fraile, point de départ des grimpeurs pour le Fitz. Les sentiers sont bien moins fréquentés par ici, je serai presque seul sur la journée. Un gros raidillon me propulse dans un vallon de haute montagne que domine la paroi Nord du Fitz et de l'aiguille Mermoz. Vers l'Ouest se dessine le Paso Marconi, à la frontière chilienne, qui donne accès au champ de glace Sud. J'accède à un col d'altitude qui me rappelle quelques belles randonnées dans les Ecrins. De là, j'ai accès au paysage spectaculaire du cirque glaciaire au Nord Ouest du Fitz.A La base de la paroi sommitale, de larges dalles de granite glacées, se situent quelques centaines de mètres sous mes pieds. Au fond du cirque trône la face Nord du Torre, point de départ d'une longue série de flèches rocheuses invisibles depuis les points de vue habituels. Au centre notamment, la très esthétique aiguille Pollone, et puis un peu plus loin, la dent du Gran Gendarme qui vient couronner une face glaciaire démesurée.

Départ au matin vers le Paso Del Cuadrado. L'avantage avec la fin de l'été, c'est que le soleil se lève enfin à une heure raisonnable !

Face Nord Ouest du Fitz, très effilée, en mode pain de sucre

La face Nord du Fitz, à gauche l'aiguille Mermoz et son bec d'aigle

Un petit lac en montant au col.

Le glacier Fitz Roy Norte, la face Nord du Torre et le groupe Pier-Giorgio\Pollone

L'aiguille Pollone

Le rio de las vueltas
Troisième excursion : introduction à l'Antarctique
C'est parti pour une rando de deux jours, pas comme les autres.
Elle commence dans les brumes d'une nuit blanche, à 3h du matin, en compagnie d'un argentin et un italien motivés pour atteindre un sommet à 1500m d'altitude pour le lever du soleil qui s'annonce grandiose. Nous sommes au rendez-vous pour le grand spectacle. Au programme : le duo magique Torre-Fitz Roy au Nord, le chaînon glaciaire Mariano Moreno en plein milieu du champ de glace à l'Ouest, l'immensité du lac Viedma et de la steppe à l'est, d'où apparaît finalement le soleil après une bonne demi -heure de congélation au sommet.
Je prends congé de mes coéquipiers au sommet et continue vers le Sud Ouest, vers la laguna Toro et le Paso Del Viento. Une longue marche, dans l'environnement glaciaire de la face Sud du Cerro Grande me mène finalement à ce col, d'où s'ouvre une vue sur un autre univers. Je n'ai jamais vu de spectacle semblable, il se dégage quelque chose d'éternel et d'incroyablement reposant, pour les yeux et pour l'âme. C'est un petit bout de ce champ de glace Sud, qui étire sa couverture blanche et bleutée jusqu'à l'horizon, où quelques sommets viennent ajouter un peu de relief. Le "paradis blanc", qui me fait rêver de poursuivre mon voyage jusqu'à ce continent Antarctique...

Au petit matin sur notre sommet


Le Cerro Grande, un des sommets glaciaires les plus esthétiques du massif

Perché dans notre congelo, les premiers rayons ne sont pas très ardents

Le massif vu du Sud, en bas la laguna Torre

Pas de doute, c'est bien l'automne!

Cerro Solo face Sud



Au delà des mots, encore une fois. J'ai longtemps hésité à bivouaquer au col...

Au bord du glacier Tunel Inferior sur le chemin du col

Et une autre immensité horizontale, celle du lac Viedma et de la steppe Patagone, qui m'attend bientôt! Demain, une dernière rando ici, et c'est reparti pour pédaler dans la Patagonie plate, qui m'attire irrésistiblement.
Tortel, O'Higgins et la frontière
Le 09/03/2017
"Car ils ont reconnu qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur cette terre"
En terre de Patagonie, je continue ma vie nomade sur cette planète où je suis voyageur.
Tortel, de brumes et de bois
De Cochrane, je continue à descendre la vallée du Rio Baker, jusqu'à son embouchure sur l'océan Pacifique. Le soleil m'a quitté, je découvre la Patagonie des pluies.
Je rentre finalement dans une forêt impressionnante d'humidité, comme l'Amazonie mais avec 25 degrés de moins. Au bout de la Route, sur l'océan, se trouve le petit village de Tortel. Ce village est accessible par voie terrestre depuis 10 ans. Adossé à un fjord, toutes les rues du village sont des passerelles ou des escaliers en bois, le Cyprès des Guaitecas. Il y pleut presque chaque jour. C'est la porte d'entrée de la Patagonie de l'envers, celle des milliers d'îles exposées de plein fouet aux tempêtes du Pacifique. Un monde fascinant et inconnu.

Un lac sauvage en quittant Cochrane

L'arrivée sur Tortel le long du Rio Baker. Des puissantes cascades tombent de tous les côtés sur les flancs des montagnes, le paysage reste sombre même en plein midi
La Costanera, la rue principale de Tortel

Le village de Tortel

Tortel vu depuis le haut du village


Les îles dans le fjord

Le fjord de Tortel vu depuis un petit sommet
O'Higgins
Les derniers jours de vélo ayant été plus difficiles que ce que j'avais imaginé, je prends de Tortel un bus jusqu'à Villa O'Higgins; ça me fait économiser 90 km, du temps et de l'énergie pour les choses à venir. Ma pédale droite fera toutefois le voyage en roulant, mais sur le vélo de Julien, un autre cyclovoyageur qui avait cassé la sienne.
Villa O'Higgins est au terminal de la Carretera Austral, que j'emprunte depuis plus de 1000km. De là, il faut prendre un bateau pour traverser le grand lac O'Higgins, et puis franchir un col pour passer en Argentine. En attendant le bateau, je profite d'une journée sur place pour monter sur un sommet qui domine le village: le cerro Altavista. J'espère y observer les montagnes au Nord-Est du champ de glace Sud si le temps est dégagé.

Lago Cisnes et Lago Negro autour de Villa O'Higgins

En montant au Cerro Altavista, au dessus de la ligne des arbres.

Vue du sommet vers le Nord

Le sommet, je m'arrêterai quelques mètres avant la cime à cause du vent et de la neige.

Une fenêtre de quelques secondes pour observer les montagnes à l'Ouest

Le glacier Mosco vers l'Est

Duo de lacs, au fond le grand lac O'Higgins, le plus profond des Amériques.

Lac O'Higgins, son bras qui mène à Villa O'Higgins

ça commence à bien blanchir par là. Le Cerro Huemul Blanco.
La frontière
Après 6 semaines au Chili, il était temps de changer. Je ne peux plus rouler plus au Sud en restant dans ce pays : me voilà prêt à passer la frontière Argentine. Et quelle frontière! Vous avez sûrement compris que j'aime changer de pays dans des lieux spectaculaires. Après avoir quitté le Pérou en surplombant le Titicaca; être sorti de Bolivie entre les volcans du Sud Lipez, je laisse le Chili en ayant traversé le magnifique Lac O'Higgins, et le col Portezuelo de la Divisoria. Ce col frontalier n'est accessible qu'à pied ou à vélo, et je vais bientôt comprendre pourquoi.
Le bateau me dépose avec une quinzaine d'autres voyageurs sur la rive Sud du lac. De là, 15km de montée nous amène à la frontière où stationnent une poignée de Carabineros de deux pays. 10 mètres après la frontière, la piste laisse place à une trace de cheval, remplie de boue, de troncs d'arbres et de passages à gué. Cela dure 5 km, qui me demanderont 2 heures à parcourir. Il faut ensuite à nouveau prendre une barque pour traverser le Lago del Desierto, pour enfin retrouver une bonne piste qui descend au village d'El Chalten.
L'embarcadère sur le Lac O'Higgins, 7 km après le village, est le terminal officiel de la carretera Austral.


Deux vues du lac O'Higgins. Sur la deuxième, on voit les sommets du champ de glace Sud, dont les glaciers se jettent directement dans le lac.

Adios Chile...

Holà Argentina...

...avec le "chemin" qui va avec.

Le lago del desierto, et la montagne qui est encore dans les nuages. Pas pour longtemps...

Chateau de Pierre, Chateau de Glace, et chapelle de Marbre
Le 27/02/2017
Salutations d'un petit cycliste français, de l'autre côté du monde.
Suite des aventures en terre Patagone. Et cette fois-ci, il y a du changement !
Je suis resté finalement 4 jours à Coyhaique, où il pleuvait comme lama qui pisse (expression locale), dormant dans une sorte de camping en intèrieur qui a investi les salles de classe d'une université. C'était la salle d'Anglais pour moi ! Et puis, quand le soleil s'est annoncé de nouveau, je suis reparti sur les chemins, seul et sans escorte - le ventre rempli de Completo (de bien fameux sandwichs chiliens).
Château de pierre (ou les Dolomites de Patagonie)
Première étape, Villa Cerro Castillo, au pied de la montagne éponyme. Ma route flirte avec la steppe Argentine dans une ambiance de grandes prairies et de relief vallonné, puis je remonte vers la cordillère en franchissant un col de haute montagne - accessoirement ma plus haute route de tout mon itinéraire en Patagonie. Altitude 1100m.
Je me pose à Villa Cerro Castillo pour aller randonner dans le massif rocheux voisin, encore dans les nuages en soirée. Pendant la nuit, le temps se dégage, et c'est parti pour une journée de rando ! Le sommet principal, le Cerro Castillo, domine de façon imposante la vallée plus de 2000m plus bas, et les neiges récentes ont bien enneigé ses faces. C'est une formidable paroi faite d'aiguilles fines qui s'élancent vers la cime plus large et surmontée d'une petite corniche. La face rocheuse doit faire bien 400m de haut, au pied de laquelle s'étend un petit glacier qui vient se suspendre au dessus d'une nouvelle barre rocheuse striée de cascades qui viennent se jeter dans le lac glaciaire tout en bas de la face Sud. La composition est parfaite, surtout éclairée par la lumière du matin. La rando m'emmène au pied de ce décor, avec une vue très élargie de l'autre côté sur la vallée principale et les hautes collines semi-arides au Sud. Je monte à un petit col à 1600m, à deux pas du glacier, ce qui me permet de traverser ses moraines et de découvrir l'incroyable richesse géologique du secteur. Une petite descente par une autre vallée, pour observer le Cerro Palo plus à l'Ouest, et des dizaines de traces d'Huemul, le cervidé de Patagonie qui abonde par ici.

Sous la pluie de Coyhaique, en attendant le retour du soleil...

...qui ne tardera pas à arriver. Ici en approchant la steppe pendant mon premier jour de vélo.

Route de montagne pour changer.

Départ à pied pour les hauteurs !

La face Sud du Cerro Castillo se découvre

Un autre sommet du massif, la laguna Castillo au premier plan.

Et de la laguna jusqu'au sommet, en passant par les cascades et le glacier.

Une des aiguilles de l'arête Sud Est.

"Le regard pétrifié"

Changement de temps en changeant de vallée. A droite, le cerro Palo.
Chapelle de marbre (avec un carrelage de turquoise s'il vous plaît)
Des aiguilles rocheuses plein les yeux, je reprends le vélo, toujours sur la Route Australe, qui n'est plus asphaltée à partir d'ici jusqu'à son terminus. 450km de piste, c'est parti ! La journée qui s'annonce est l'une des plus sauvages de mon voyage : 100km sans le moindre village, sans rien pour se ravitailler. Je remonte d'abord la très sauvage vallée du Rio Ibañez et retrouve temporairement des zones un peu plus humides, puis une longue traversée en moyenne altitude, au bord notamment du magnifique lac Cofre, me fait rejoindre la tout aussi sauvage vallée du Rio Murta, qui débouche dans le lac Général Carrera (ou Buenos Aires en Argentine), le numéro 2 d'Amérique du Sud après... le Titicaca; ça fait tout de même plus de 3 fois le Léman.
La route le longe sur environ 70 km, tantôt par la rive , tantôt par les hauteurs. La dilution des eaux glaciaires donne une teinte turquoise au lac hallucinante, qui se décline suivant l'éclairage et la proximité avec la côte : c'est ici le paradis du bleu. A proximité de l'unique village du coin, Puerto Rio Tranquilo, se trouve une falaise de marbre qui vient se jeter dans le lac. L'érosion des vagues a attaqué ses fondations, créant un réseau de "chapelles" à l'endroit où les rochers rencontrent le lac. Géométrie et couleur sont au rendez-vous.

La partie amont de la vallée du Rio Ibanez.

Première rencontre avec le lac Général Carrera par son bras Nord.

Une chapelle pour les âmes tourmentées...

...et une pour les âmes grimpeuses qui rêvent d'une belle poignée sur rocher naturel. Il y en a des semblables en continu sur des centaines de mètres.

Carrelage de turquoise (*sans Photoshop ajouté*)

Qui a parlé de la baie d'Halong ? C'est sûrement moins spectaculaire ici, mais les fondations sont beaucoup plus baroques.

Viens, on part en vacances avec mon pick-up ?

Ce lac, c'est un bonheur pour qui aime le bleu...

En prenant un peu de hauteur. Lequel du Titicaca ou du Général Carrera est le plus beau ? La question est ardue.

Vers la plaine du Rio Leones. Ce sera un bon endroit pour bivouaquer en bord de lac, espérant peut être un lever de soleil sur de nouvelles montagnes...
Château de glace (ou la rencontre avec la montagne tutélaire)
Vers la pointe Sud du lac, une petite plaine annonce l'embouchure d'une grande rivière. C'est le rio Leones, qui provient des glaciers du Champ de Glace Nord de Patagonie, la seconde plus grande masse glaciaire en dehors des pôles. Les sommets qui bordent cette calotte sont bien visibles depuis les rives du lac, avec parmi eux, rien de moins que le point culminant de Patagonie, qui n'est autre que... le Monte San Valentin. Estimé autour de 4060m d'altitude par les rares expéditions qui ont atteint son sommet, il fait partie des montagnes les plus inaccessibles de la planète. Je ne rate pas ce rendez-vous avec "ma" montagne, et je fais un crochet de 25km, d'abord à vélo,puis à pied, pour atteindre le Lago Leones au pied des glaciers. Ambiance sauvage à 200%, aucun touriste par là et seulement un petit sentier tracé dans la vallée. Le décor est immense, imposant et enivrant.
Mais d'autres choses m'attendent ailleurs, alors je finis par repartir au Sud. Je longe le lac Bertrand, qui est une annexe du grand Lac Général Carrera, et trouve enfin un micro village pour refaire mon stock de provisions. Il était temps, à 16h, je commençais à avoir un peu faim. Encore un bivouac, et j'atteins Cochrane, un gros village perdu dans les montagnes, après avoir longé la spectaculaire vallée du Rio Baker (le plus long et le plus puissant du Chili), dans un décor de plus en plus sec. Et soudain, dans ce décor de steppe et de cañons qui me rappelle le Pérou, je débusque le Guanaco, un cousin du Lama ; ça me renvoie quelques semaines en arrière, sur l'altiplano. Mais je suis bien au Sud du monde, m'apprêtant à traverser une des zones les plus reculées et spectaculaires de mon voyage; ça, c'est pour les prochains épisodes, si Dieu le veut.
Bises à tous !!

Amanecer, acte premier

Amanecer, acte second

Amanecer, acte troisième

Amanecer, acte dernier

LA rencontre. Selfie ? Le sommet du San Valentin est au centre droite (ce qui ne présume en rien de ma tendance politique...)

C'est un peu sauvage par ici...

C'est un peu beau par là...

Le glacier d'écoulement du champ de glace Nord

Lago Leones, à couper le souffle. On est autour de 400m d'altitude.

Le lac Bertrand, une annexe du lac Général Carrera.

Et une photo de la "carretera" au bord du Rio Baker

Confluence des rios Nef et Baker, dans une végétation déjà plus aride, avec toutefois encore les sommets du champ de glace qui se profilent au loin.

Pérou ? ?

En descendant sur Cochrane, d'où je vous écris !
...
Finalement, puisque certains ont insisté.. voilà celui qui se cache derrière les photos
(-d'ailleurs il est en train de parler de lui à la troisième personne, il se la pète un peu.
-Qui ça "il" ?
-Ben lui
-Ah, lui !)

Le 18/02/2017
Hola'la ! Catchai Po ? (En Chilien dans le texte)
Les mauvaises langues diront que le deuxième épisode est une copie du premier, et ils n'auront pas tout à fait tort.
Les éléments qui ont fait le succès du premier volet sont toujours là : les volcans enneigés, les parois de granite, les fjords et la forêt luxuriante. Mais regardez bien, il y a quelques nouveautés...
De Chaiten à Villa Santa Lucia
La carretera Australe fut construite il y a une cinquantaine d'années par le régime militaire de Pinochet, pour désenclaver les régions du Sud. Un chemin de terre à la base, jusqu'il y a 6 ans, et qui va être entièrement asphalté d'ici 2025. J'alterne donc les portions de route, de pistes et de travaux, en particulier sur cette section.
Depuis Chaiten, je quitte l'océan pour m'engager dans une vallée parallèle. Devant moi, les falaises et la langue glaciaire du glacier Yelcho, derrière moi l'interminable calotte du volcan Michinmahuida. Après être passé sans m'arrêter devant une petite dizaine de sources thermales, je décide de profiter au moins une fois des eaux chaudes façon patagone, dans un petit vallon au coeur de la forêt. Disfrutando.
J'arrive bientôt au bord du Lac Yelcho, une autre merveille logée dans les montagnes. Une petite nuit dans la forêt sombre, envahie de limaces, et je repars plein Sud pour Villa Santa Lucia, que j'atteindrai rapidement après avoir passé un petit col vers 500m d'altitude. Je traverse ici des régions qui furent explorées et colonisées très récemment, entre les années 1910 et 1940, principalement par des allemands aventureux et des habitants de la proche île de Chiloe qui se joignirent à eux.
Villa Santa Lucia est un petit croisement, car d'ici part une route vers l'intérieur des terres qui donne accès à deux villages frontaliers. Je décide de tenter l'aventure vers l'un d'entre eux, pour découvrir à quoi ressemble la cordillère par là- bas. Je laisse donc mon vélo à Villa Santa Lucia, et décroche mes bâtons de marche et ma tente de mon porte- bagage.

Une muraille de Granite qui me protège de la mer, et derrière laquelle se cache le volcan Corcovado

L'interminable glacier du volcan Michinmahuida

Le glacier Yelcho

Et le lac Yelcho
Dans les yeux du condor
Dans le petit bus qui me dirige vers Palena, je sors petit à petit de la forêt sempervirente et des montagnes abruptes, pour trouver des prés, des forêts plus "européennes", des vallées plus larges et des sommets plus modestes. La géologie change un peu vers la frontière, c'en est fini du "tout" granite, et je retrouve des roches un peu moins nobles, ce qui ne manque pas de changer la physionomie des montagnes.
A Palena, je respire déjà à l'Argentine. L'accent de la langue, à couper au couteau, les vaches et les taureaux dans les prés, les hommes avec leur pantalon rentré dans leurs longues bottes de gauchos, un pull et un béret posé de travers à la façon maquisarde pour compléter le costume. Ils se déplacent souvent à cheval, même les ados. La classe.
Je m' embarque sur une route de "trekking", qui s'avèrera être surtout adaptée pour la parcourir à cheval. C'est une partie de l'itinéraire qui relie deux communes de cette région- là des Andes, celles de Palena et de Lago Verde, en passant par le très reculé Lac Palena, que je compte atteindre avant de faire demi- tour. J'apprendrai en revenant, par un ancien du village, que c'était une route de transhumance dans les décennies passées, qui a été abandonnée et investie par une réserve forestière. Seulement, les gardes forestiers n'ont pas entretenu les sentiers d'antan, et je m'en rendrai compte bientôt.
Après une remontée de la vallée du Rio Azul sur 20 km, le sentier carrossable s'arrête et je dois trouver et suivre l'ancienne trace de transhumance. Les aléas de parcours me la font perdre bien vite, et je dois me résoudre à changer mes plans, reconnaissant que je n'aurai pas assez de ressources physiques et alimentaires pour atteindre le lac Palena. Je continuerai comme je peux sur les pentes au Sud de la vallée, en cherchant à prendre de la hauteur quand les conditions s'y prêteront , empruntant les sentiers de vaches. Fidèle à ma devise : "si la vache passe, Val passe" j'arrive difficilement à me frayer un chemin dans forêts et broussailles et me loger sur un promontoire à quelques encablures d'un petit sommet que je n'atteindrai malheureusement pas avant mon heure fixée de demi tour. Je ne pourrai pas par conséquent observer le lac par les hauteurs, ainsi que le paysage plus au Sud, mais je profite d'une vue fantastique sur le fond sauvage de la vallée du Rio Azul, entourée d'un large chaînon de hautes montagnes enneigées. Mais ce jour là, j'avais rendez-vous avec plus qu'un simple paysage. L'heure avance, et le soleil commence à chauffer ces pentes Ouest sur lesquelles je me trouve, créant les courants ascendants nécessaires au vol des condors. Un premier couple vient me saluer, en tournoyant pas bien loin de moi, puis s'en va. Je commence ma redescente, et passe par hasard sur une large vire entre deux hautes falaises. Mais la falaise supérieure, je le comprendrai bien vite, est aussi le nid du couple que j'ai observé tout à l'heure. Rapidement, l'un des deux condors revient, tournant chaque fois un peu plus proche au dessus de ma tête. En continuant de marcher pour ne pas le déranger plus longtemps, je profite d'un ballet des plus spectaculaire. Sur ce promontoire au dessus de la vallée, dans un décor continu de hautes cimes rocheuses, tourne et retourne le Condor, de ses ailes interminables qu'il ne bat presque jamais. Tantôt en bas, tantôt en haut de moi, tantôt à l'aplomb - ce qui projette à quelques mètres de mes pieds son immense ombre - je peux observer son cou incliné vers le bas et sa tête tournée vers moi pour me surveiller. Il se dégage quelque chose de très puissant de ce spectacle, le genre de choses qui habite la mémoire pendant longtemps.

Assez grande la marguerite. Et puis elle a une couleur bizarre.


Dans la vallée du rio El Azul



Une cime de l'Oisans, ou du moins sa petite soeur jumelle, s'est glissée sur cette photo. Saurez-vous la reconnaître ?

La partie finale de la vallée, entièrement sauvage.

El condor pasa... Son cou vers le bas, sa tête en arrière. "Les yeux dans les yeux"

...Y pasa de nuevo, y de nuevo...

Confluence des rios El Tigre et El Azul
Les glaciers toujours plus près
Retour à ma "Patagonie de la jungle" où je récupère mon vélo pour une longue route vers la capitale de la Patagonie Chilienne, Le petit bourg de Coyhaique.
Un long suivi des cours du Rio Frio, puis Palena me fait observer un défilé de cimes enneigées toutes plus belles les unes que les autres, avant d'arriver sur une plaine un peu plus large au niveau de La Junta, dominée au loin par le volcan Melimoyu surenneigé. (Exercice de prononciation : dites le nom du volcan à l'endroit, puis à l'envers, puis à l'endroit, puis...).
Je continue toujours plus au Sud pour arriver de nouveau au Pacifique, dans le fjord de Puyuhuapi aux belles eaux bleues. Colonisation allemande oblige, on y produit une bière locale qui vaut le détour. Dans une vallée qui débouche sur le fjord, se révèle soudainement les glaciers du chaînon Queulat. La grande calotte glaciaire qui occupe les hauteurs de ce massif granitique s'écoule par une langue glaciaire qui débouche sur cette vallée. Le glacier s'arrête net au dessus d'un immense cirque rocheux vertical, que franchit le torrent de fontes par un saut magistral de près de 300m de haut. L'ambiance est au rendez vous. A peine deux kilomètres après ce site, je retrouve la rive de l'océan duquel je ne m'étais pas vraiment éloigné, au bord du très tranquille fjord Queulat. La route est très fréquentée par les cyclistes et les "mochiladores", des chiliens entre 18 et 35 ans qui avancent en stop le long de cette route symbolique pour le pays. L'occasion pour moi de faire quelques kilomètres accompagné, exerçant selon la situation mon anglais, mon espagnol ou mon belge. Je grimpe un col bien raide au Sud du massif dont je parlais tout à l'heure, pour profiter d'une vue privilégiée en face des cimes glaciaires, à la façon "Lautaret", mais dans la jungle. A partir de là, je quitte l'océan pour avancer petit à petit dans les terres, et retrouver un peu les Andes plus sèches telles que je les avais rencontrées à Palena. Ca tombe bien, le temps se prépare à changer, le bel anticyclone qui me protégeait s'étant fait botter par le courant antarctique à la façon de S.Zaza tirant son penalty.
Encore une poignée de montagnes sorties de quelques imaginaires farfelus, une traversée d'un plateau façon Haute- Loire sur les hauteurs du Rio de l'empereur Guillaume, et me voilà débarqué à Coyhaique, pour quelques jours de repos et de meilleure bouffe.

Retour sur le vélo, en route tout droit et plein Sud. Je quitte la région 10 des Lacs, pour rejoindre la région 11 de la "Patagonie Aysen".

Un coin de rêve, la confluence des rios Frio et Palena, qui formeront désormais un petit fleuve

Le cerro Barros Arana qui domine La Junta

La petite plaine de la Junta. En direction de l'Océan, le volcan Melimoyu, dont la face Nord-Est a l'air parfaitement skiable en ce mois de février

"C'est toujours la même eau qui coule" -Quand le vieux Magellan découvrit le détroit, il y avait des enfants qui s'y baignaient déjà

Puyuhuapi au fond de son fjord

A l'Ouest rien de nouveau...

...à l'Est un glacier suspendu

Parc National de Queulat

Les fameuses tempêtes Patagones, les 40e rugissants, les 50e hurlants...

C'est pas ici Tahiti, mais c'est toujours mieux que rien

Le Sud du massif de Queulat, vu depuis la vallée...

...et vu depuis mon premier col "officiel" en Patagonie, le Portezuelo Queulat.

Quand tu te réveilles avec les courbatures de la veille, que tu fais 500m en vélo, et que tu vois le cerro Picacho.

Le lac las Torres

Et les "Torres" du lac

La tête à l'envers, exactement. Je change le S par un N, et je pourrai être à Malissard, à Pelvoux...

Far over, the misty mountain rise, leave us standing upon the heights
Le temps change
Quelques fleurs qui envahissent les champs dans cette région

Péché par gourmandise
Le principal intéressé témoigne :
"La premier fois que j'ai essayé, c'était en Bolivie. Sans faire attention, j'avais acheté une petite boîte. Là bas, ça ne s'appelait pas comme ça en plus. Ils en vendaient incognito sous le nom de "Dulce de Leche" (tu te rappelles Tim ce lait concentré qui avait une couleur bizarre? ).
Et puis en arrivant au Chili, on a commencé à m'en proposer de partout. Au début, je me suis dit qu'un peu de temps en temps ne ferait pas de mal. Une tartine par ci, un Churros par là, ça ne fera pas de mal. Et puis j'ai commencé à glisser. Les tartines s'enchaînaient, ça ne me suffisait plus. Alors j'ai commencé avec tout ce qui me tombait sous la dent : avec un Cookie, un carreau de chocolat... Tout était un prétexte. C'est alors qu'on m'en a parlé.
Oui, je parle bien de la cuillère. Il ne m'a pas fallu longtemps pour m'y habituer, je ressentais toujours plus le manque. C'est quand mon vélo m'a dit "c'est ou moi, ou le Manjar" que j'ai pris conscience qu'il y avait un problème. Depuis, j'ai essayé de trouver des alternatives, j'ai essayé le miel, le beurre de cacahuète, mais je sais que je ne suis pas à l'abri d'une rechute."
#LeManjarParlonsEn

Ajoutez un Completo tomates-frites-avocat-mayo, le bonheur est complet.