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Le 10/12/2016
Un coucou à tous, en France ou ailleurs !
Je suis un peu fatigué pour écrire ce soir, et comme le planning des prochaines semaines s´annonce chargé - la faute à un certain petit frère qui débarque !- je vous laisse simplement un petit reportage photo de ma semaine passée, qui mérite le détour. Au programme : la Savane et la Garrigue Bolivienne, Canyons, Géologie et Paléontologie.
Si d´aventure vous vous perdez à Cochabamba, et que vous atteignez la vallée du Rio Caine, un conseil : traversez la, à pied ou en canoë. Cette vallée mérite bien plus qu´un simple passage en bus. C´est un paradis perdu, difficilement descriptible. Pas de photo sur ce blog, pour conserver un peu de mystère ;-) (Et aussi parce que j´avais plus de batterie lors du retour en bus...)















Le 05/12/2016
Non pas que ce pays soit particulièrement pluvieux, mais j'arrive pendant la saison humide, et le risque des pluies est plus important, un peu comme un mois de Mai en France, avec pluies et orages.
En effet, j'arrive en Bolivie le jour même d'un changement de temps, après, parait-il, une période de sècheresse assez longue. Ici,à La Paz d'où je vous écris, les habitants ont accés à l'eau un jour sur 3. Je me sens comme dans une bulle de verre dans mon auberge de jeunesse, témoin mais non participant de la réalité de la vie dans cette ville. Apparemment, il s'agit surtout d'une mauvaise gestion des stocks d'eau, car c'est une situation inédite pour le pays. Somme toute, je préfère de loin qu'il pleuve pour les habitants d'ici, je profiterai des éclaircies, et mettrai mon K-Way le reste du temps.
Pourtant, les toutes premières minutes avaient commencé sous un ciel limpide, comme vous avez pu le constater sur la dernière photo. Mais rapidement, je bifurque vers l'intérieur des terres, et le ciel devient noir en à peine 3 kilomètres.
Dès le début, j'ai un aperçu des couleurs de la terre dans ce pays

Du blanc, rouge, violet, quelques reflets de vert, me voici en terre de Bolivie.
Après quelques kilomètres, je débarque dans ma première agglomération Bolivienne.
Je me présente au poste de police
"Bonjour, j'ai traversé la frontière dans un lieu paumé, où est ce que je peux obtenir mon tampon d'entrée ?"
Finalement, on me dirige vers le bureau de "Migration" (J'ai toujours rêvé d'être un oiseau). J'arrive à 11h30, le bureau ferme à midi, mais apparemment l'inspecteur n'est pas réglé au bon fuseau horaire. J'attends 14h pour la réouverture, enfin plutôt 15h, car l'inspecteur a sûrement dû régler sa montre entre temps, mais il a un peu trop retardé son heure. On m'explique que je suis sorti du Pérou par un endroit qui n'est pas permis pour un européen ; en effet, le policier péruvien qui m'a contrôlé n'a pas la formation suffisante pour annoter ma date de sortie sur mon passeport, et les Boliviens s'en retrouvent forts dépourvus. On me rédige un sauf conduit, en me sommant de me rendre à la frontière au Sud du lac d'ici 5 jours. Il pleut, je suis un peu fatigué et dans un trou paumé, on me propose de faire une partie du trajet en bus pour 2 euros. Je craque, et shunte 120km sur mon trajet, pour pouvoir régulariser ma situation le plus rapidement.
Le soir au bivouac, premier contact avec la Cordillère Réal

Un des sommets majeurs de la Cordillère Réal, le soir depuis mon bivouac dans une plaine au bord du lac.
Le lendemain, après 3 minibus, un bateau et un taxi, j'atteins la frontière Péruvienne. Je la passe à pied incognito, puis me présente aux douanes péruviennes puis boliviennes, comme si je venais juste de débarquer en Bolivie. Pas vu pas pris. Je passe à Copacabana, une ville logée dans un coin spectaculaire du lac, et très touristique. Je réalise que depuis l'Ausangate, j'ai vu très peu d'occidentaux. 3 cyclistes Brésiliens, 2 motards passés incognito à Macusani, et le père David O'Connors de Macusani toujours. Et c'est tout, pour 3 semaines de voyage.
Je remonte un peu vers le Nord pour profiter en plein des sommets de la Cordillère Réal. J'ai le droit à une éclaircie majestueuse, et en profite pour grimper une petite montagne dans la plaine au coucher de soleil.

Au dessus des montagnes, il y a les nuages. Au dessus des nuages, il y a une montagne. L'Ancohuma. à plus de 6400m, le plus haut sommet qu'il m'ait été donné de voir. Quelques minutes plus tard, je distinguerai au loin l'Illimani, le gardien de La Paz, qui le dépasse d'une dizaine de mètres.

L'altiplano de Bolivie est pas mal également. Du côté d'Achacahi (aille aille aille).

Une seconde vue de l'Ancohuma, qui ressemble vaguement au versant chamoniard du Mont-Blanc, s'élevant doucement, avec une belle bosse glaciaire au sommet. Son jumeau, l'Illampu, réputée difficile d'accès, est dans la perspective. En fait, on le voit sur cette photo, mais il se confond avec le reste de la montagne.
Le lendemain, je compte avancer plus au Sud dans la Cordillère pour atteindre une lagune où bivouaquer. Mais les sommets sont bien bouchés, et le ciel bien noir.

La petite maison dans la prairie Bolivienne. Je me rapproche de La Paz, mon premier terminus.
Au bout de quelques temps, je rejoins deux écoliers qui rentrent à vélo, et qui vont m'accompagner quelques temps. Ils font 3 heures de vélo par jour dans la steppe pour aller et rentrer de l'école. Malheureusement, le chemin que j'emprunte se termine en cul de sac. Demi-tour, je sens que je vais rentrer direct à La Paz, j'ai besoin d'un peu de repos, de confort et de civilisation.
Comme j'ai un peu mal au dos, j'ai demandé à Tim de me rejoindre à La Paz pour venir me faire un massage. Accessoirement, il en profitera pour passer quelques temps avec moi pour parcourir la Bolivie et un peu de Pérou ;-)
Vous aurez l'occasion de le lire sur ce blog !
A bientôt, il va me falloir un jour raconter sur ce site la ville de La Paz, qui ne ressemble vraiment à rien d'autre.
Le 04/12/2016
Après une soixantaine de km enfin plate, j'atteins enfin le bord du lac sur son angle Nord Est, à Huancane. Comme toute bonne chose, il sait se faire désirer, et je ne le découvre qu'au dernier moment.
Après avoir traversé les hautes cordillères, franchi plusieurs cols sous la neige (bon, ok, un col), mon arrivée au Titicaca avait des airs de repos en bord de mer.
La première vue du lac conforte cette impression, le soleil radieux et l'eau bleue intense du lac contraste fort avec l'après midi que j'ai passée la veille, en plein brouillard. Ajouté au fait que ça fait quelques jours que je n'ai pas eu le courage de me doucher dans les rivières froides, et j'ai subitement envie de piquer une tête.
J'arrive sur le lac en douceur, dans une petite baie secrète refermée sur elle même. C'est un dédale d'îles, de presqu'îles, de criques ou de petites plaines côtières.

Ma première vue sur le lac, et sa couleur qui vaut le coup à elle seule.

Les plaines lacustres sont d'abord des pâturages pour les moutons et cochons, puis quelques champs et enfin une zone de joncs, la Totora, qui sert à fabriquer les bateaux typiques du lac. Ici, une femme avec son chargement de Totora.
La route borde le lac, et d'entrée de jeu les paysages sont magnifiques. Après quelques kilomètres, sur les bons conseils de gens d'ici, je quitte la petite route asphaltée pour suivre une piste qui borde le lac. Bien m'en a pris, cela me permet de découvrir une côte montagneuse superbe, de criques en caps. Une grosse pensée à Papy et Mamie en parcourant ces chemins de littoral !
Après quelques kilomètres, je rencontre un jeune lycéen qui rentre de l'école à pied.
"Comment tu vas dormir ce soir ?"
"J'espère trouver un endroit de bivouac, avec ma tente"
"Il faut pas t'arrêter ici, c'est pas un bon endroit"
"Ah bon, pourquoi ?"
"La nuit, il y a les sirènes qui sortent par ici. Je te conseille de continuer un peu plus loin..."
Bon, je ne vais pas dormir par là, mais plutôt pour des raisons topographiques en ce qui me concerne.
Toute la région est habitée, la terre est prise par les champs et les pâturages, alors je dois m'arrêter dans un village pour demander l'hospitalité. Petite pause d'une nuit donc dans un charmant village au fond d'une crique, hébergé chez Mario.
"Il n'y a pas beaucoup de touristes par ici dis donc ?"
"Si si, il y a deux mois un couple de français est passé dans le village, comme toi, en vélo !"
Je profite (et participe, plus ou moins de gré...) à l'entrainement en musique des villageois pour le concours de danses qui aura bientôt lieu dans la région.

Maximiliana, du village de Jacantaya
Le lendemain, je repars avec le même soleil et la même piste magnifique. Je partage la piste avec les lamas, les vaches, les moutons et les cochons. La route n'est que montée sur une crête, et descente dans une crique. Au début, je me dis que j'aurais préféré un peu de plat, et puis en voyant les panoramas qui s'offrent à moi d'en haut, j'en viens à changer d'avis.

Un dédale d'iles, de presqu' iles, de criques ou de plaines côtières

La Bici fait sa pause panoramique


Deux vues depuis un petit sommet à côté de la piste. Le paysage vire au sublime par ici, et le lac dévoile petit à petit son immensité.

La baie de Moho, où je vais retrouver la route après ce petit détour sur piste. A partir d'ici, la route se déroule au bord du lac, en suivant une corniche qui aurait sa place dans les classements des plus belles routes.

La corniche du Titicaca depuis la route.
Je m'arrête à Conima pour un jour de repos et de rando dans la région. La région est on ne peut plus authentique, il n'y a aucun touriste et facilités touristiques ici. Je tente d'accéder à internet par trois fois. La première, coupure de courant. La seconde, les machines sont prises par les collégiens accros eux aussi aux "Videojuegos". La troisième fois "Ah mais en fait Internet ne marche pas en ce moment, on peut seulement faire des jeux vidéos..." Toi, tu vas réussir à me mettre de bonne humeur, c'est pas comme si mon campement est à 20 minutes à pied du village...
Les négociants n'ont pas le même sens du commerce qu'en France par ici. Trois bananes pour 1 Sol, cinq pour 2 Soles. Il ne me faut pas longtemps pour trouver la parade, je vais acheter mes trois bananes dans un magasins, puis les trois suivantes dans un autre !
En arrivant au lac, sans m'en rendre compte, j'ai traversé une frontière linguistique. Les gens ne parlent plus le Quechua, mais l'Aymara, que je ne comprends pas mieux pour autant. On consomme la Coca en permanence par ici, les anciens ont leurs petits sachets de feuilles séchées, qu'ils descendent bouchée après bouchée. Une femme m'explique, alors que je suis en short et Tee-Shirt, que ça lui permet de mieux supporter le froid.

Coucher de soleil depuis mon bivouac à la plage. A l'horizon, les grandes îes du nord, Taquile et Amantani.

Le lendemain, jour de repos, j'en profite pour aller explorer une presqu' île à côté de mon campement. Ici, la plage de mon bivouac au matin.

Les forêts d'Eucalyptus qui bordent le lac. Une pensée à Mam, et ses huiles essentielles !

Au gré de mes pérégrinations, je trouve bon gré mal gré une falaise de grès, graal des grimpeurs (Grenoblois ? Bon, je m'arrête là...). L'occasion d'une petite escalade en traversée au bord du lac.

Des algues bien vertes qui couvrent les rochers en bord de lac. Comment est l'eau ? Bien fraîche, mais baignable en cette saison du moins. Autour de 12 degrés je dirais. Et voilà mon record d'altitude de baignade repoussé de 1200m...
Le lendemain, je reprends mon vélo, avec la Bolivie en ligne de mire. la frontière est toute proche.
Je profite encore d'une route pas si moche...

Mes derniers kilomètres au Pérou ne sont pas les plus désagréables.ô
Et puis, je passe un petit village et un contrôle de police. Quelques kilomètres plus loin, je passe quelque chose qui ne ressemble pas vraiment à une frontière, sinon à un point de vue panoramique.

La "frontière". Qui veut faire douanier ici ?

J'y suis !!

Mon premier paysage Bolivien. A quoi ressembleront les suivants ? La suite dans le prochain article !
Le 03/12/2016
Je suis dans une salle de PC plutôt du genre panoramique à La Paz, et j'ai les yeux attirés par un spectacle que vous aurez bientôt en photo, mais je vais me projeter quelques jours en arrière pendant ces quelques comptes-rendus de retard.
Pédaler le Mont-Blanc
Après quatre jours super de congés à Macusani, qui furent une sorte d'expérience culinaire en continu -heureusement qu'il y avait les nuits pour digérer- c'est de mes amis que je prends finalement congé à regret, tôt le Mardi matin.
Les premières dizaines de kilomètres sont l'occasion de mettre un point final à une montée que j'ai entamée 11 jours plus tôt, alors en plein milieu de la forêt équatoriale. Je passe "L'abra Oquepuño", à 4873m, et laisse définitivement derrière moi ce petit coin de steppe si charmant.
Fin du confort
Seulement voilà, je décide de ne pas faire simple alors que je peux faire compliqué. Plutôt que de suivre la belle route Interocéanica jusqu'à son terminus au bord du Lac, je tourne subitement à ma gauche pour prendre un itinéraire plus direct mais moins fréquenté.
Pour moi, ça change du tout au tout. Fini le confort de cette belle route Brasilo-Péruvienne, je me retrouve d'un coup sec sur un chemin caillouteux et ondulé. ça fait bizarre au début, je me demande combien de temps je vais tenir. Et puis finalement, on s'y habitue.
Le paysage commence à sélargir et s'aplatir petit à petit, et je finis par rentrer dans une large steppe d'herbe jaune, bordée par quelques cordillères à gauche, et de petites collines à droite. Le paysage est fabuleux, immense, le ciel qui semble épouser la terre. Arriver dans un village, assez désert, par une piste en terre en plein milieu de la steppe est une sensation vraiment particulière. Dans 3 mois, ce sera une route asphaltée par ici : était-ce meilleur ou pire de traverser cette région maintenant ? La question est ouverte.
Dans la plaine, je croise des écoliers qui sortent d'une école construite en plein milieu de nulle part. Ils se dispersent en tous sens, à pied ou en vélo, vers leurs maisons respectives. Je suis en train de vivre en direct un épisode de l'émission "Les chemins de l'école"

La piste dans la steppe de Crucero
Par ici, pas compliqué de trouver un endroit de Bivouac, du moins en apparence. Car la plupart des ruisseaux sont à sec, et j'ai besoin d'eau. Il me faudra faire 1 km à pied finalement pour trouver de quoi m'approvisionner. Un petit prélude au désert de Bolivie.
Je profite de ma plus belle nuit depuis le début du voyage, ce qui me donne hâte d'arriver dans le désert. Il va me falloir reprendre des repères dans ce ciel austral.
Quelques photos du bivouac :

Certains me l'ont demandé : voilà ma tente Quechua qui retrouve enfin son pays !

Cette ambiance des grands espaces est incroyable. J'en rêvais, et m'y voilà.

Un lever de soleil comme à la mer, avec les quelques montagnes qui flottent comme des îles.
Le lendemain, je repars dans cette même ambiance. On perd rapidement la notion de distance à rouler plusieurs heures dans ce paysage. Rien ne change, mais quel plaisir de rouler dans cette ambiance. Puis, le chemin monte très doucement, je traverse un champ de rochers. Cette fois-ci, le rocher est parfait pour grimper, sculpté à merveille. Mais je ne vaux pas grand chose comparé aux viscaches, qui font des bonds magnifiques à regarder, sur des parois presque verticales .

Une queue d'écureuil, une tête et des terriers de marmottes, et des oreilles de lapin, les joyeux habitants des rochers andins.

Encore de la steppe. Alpacas et vaches se melangent ici.
La route monte encore, je traverse un mini cañon et me retrouve sur quelque chose qui ressemble plutôt à un plateau de haute altitude. Le temps passe rapidement au brouillard, l'ambiance change radicalement. Apparemment, mon itinéraire est quelque peu spécial ; on m'indique toute sorte de direction quand je demande ma route. Certains veulent me renvoyer dans la forêt. Finalement, j'arrive à me faire comprendre : "Putina ? Desde aqui, pura bajada !" (D'ici, que de la descente). Voilà qui me regonfle le moral, dans cette météo de plus en plus hostile. 2 heures plus tard, la pluie se transforme en neige, et la route monte encore. Ne jamais croire un Péruvien qui vous dit "Pura bajada". Je traverse une immense mine, d'or probablement, un champ de boue dans la neige et le brouillard. L'ambiance est on ne peut plus glauque, je sais que les gens me regardent comme un extra-terrestre. Que vient faire un touriste ici ? Je décide de rendre la pareille, et de regarder mes quelques spectateurs comme des extraterrestres également. Après tout, il vaut mieux passer 2 heures ici que toutes ses journées. L'idée que des familles, des enfants vivent ici me fait frémir un peu.
Je suis à une quinzaine de km de La Rinconada, une ville nouvelle de 50000 habitants qui vivent à plus de 5000m d'altitude, pour chercher de l'or. Une zone de non-droit à ce qu'on me dit, ce que je suspectais. Même au Tibet, il n'y a que quelques nomades à cette altitude.
ça me fait penser au passage biblique de l'appel de la Sagesse. "Recherchez moi, plutôt que de rechercher l'or ou l'argent". Je n'irai pas leur prêcher aujourd'hui, je me dégonfle, je n'ai pas vraiment envie de dormir par ici. Je ne pense qu'à ce moment où la route descendra enfin, pour me mettre au chaud et m'éloigner du mauvais temps.

La fin de 3 heures de galère. Je ne pensais pas faire plus de 50km, il y en a 65, je ne pensais pas monter à plus de 4500, je suis à 4700... Ce sera un souvenir, mais pas le plus plaisant !
Je redescends enfin, et en quelques km je m'éloigne de la pluie et du brouillard comme je l'esperais. Je me retrouve dans une charmante vallée, à une altitude plus vivable, avec le soleil qui perce. Demain, je suis au Titicaca.

Mon bivouac plus au chaud. La couleur bleu-noir de la rivière présume-t-elle de la couleur du Lac ? J'aurai la réponse le lendemain !
Cañons, Condors, Cordilleres et Cuisine en Carabaya
Le 20/11/2016
Un coucou pour un petit article... Pas de photos pour le moment (sur demande de Jules...), elles viendront plus tard...
Merci pour vos commentaires qui me font super plaisir à lire quand j'arrive dans un "Locutorio" pour Internet. Certains me font bien rire, les auteurs se reconnaîtront.
Cañons et Condors
Après Ollachea, où je suis malheureusement passé à côté d'une piscine thermale dans un cadre grandiose (le GPS peinait à capter les satellites, c'est dire la dimension des montagnes...), je suis rentré dans un Cañon assez spectaculaire, et ce sont des paysages variés qui se sont déroulés sous mes yeux tout au long de ma montée, assez fatigante, vers Macusani sur l'Altiplano. C'est d'autant plus spectaculaire que ce sont des paysages que je découvre absolument. Quelques Condors tournent assez haut dans le ciel pour compléter le décor ; c'est la seconde fois que j'en aperçois (après mon trek à l'Ausangate). Un petit bivouac quelques kilomètres avant de sortir du cañon, dans un monde de blocs rocheux aux formes très variées ; ça a l'air super pour l'escalade, mais le rocher n'est pas de bonne qualité.
Le lendemain, j'espère faire un détour à Corani, un village réputé pour sa "Forêt de pierre", un champ de blocs rocheux planté dans la prairie. Je me ravise rapidement en voyant la descente au fond d'un cañon et la remontée qui m'attend ensuite. Ce sera pour la prochaine fois. Ce n'est pas plus mal finalement, on m'a dit par la suite qu'il y a des pumas par là-bas...

Un chemin comme un autre au Pérou ! Celui-ci conduit à la piscine thermale d'Ollachea, mais malheureusement il était fermé, sinon vous auriez eu des photos de plus près...

Le cañon en montant à Macusani. Il y a quelques heures, j'étais au bord du torrent.

Les vaches aussi savent brouter aux endroits intéressants. En plus, elles ressemblent aux françaises (je veux dire les vaches françaises, pas les "Françaises"... enfin bref)

Jeu de soleil et nuages en arrivant sur l'altiplano

Petite séance de bloc au bivouac. Le plus dur a été d'arriver au sommet pendant les 10 secondes du retardateur !

En se rapprochant de Macusani, les falaises perdent de la hauteur, la vallée devient à fond plat, annonçant la proximité des glaciers. Mais les paysages n'en restent pas moins sublimes. Il y a une cinquantaine de kilomètres, c'était la jungle. Déboussolant.
Cordillères
Petite pause peu avant Macusani, pour aller explorer un massif plutôt méconnu des occidentaux, la secrète cordillère de Carabaya, dans la province du même nom. Le sommet emblématique du coin est l'Allin Qhapaq (Prononcez Aille Ine Kaparr, si vous voulez faire Quechua). Ce sommet est une sorte d'immense rectangle noir et blanc posé en plein milieu de la prairie. Une barre rocheuse verticale d'environ 1 km de large, surmontée d'une énorme corniche. Vu de loin, il est très esthétique, dominant les plaines ; vu de près, il a une forme assez lourde et peu élancée, on préfère regarder de l'autre côté, où le paysage s'ouvre sur une large plaine, avec au loin les derniers glaciers de la Cordillère de Vilcanota ; ça c'est pour son versant Sud-Ouest.
Le versant Sud-Est, que j'irai explorer, est bien différent : absolument secret, on ne le voit pas du lointain. Vous ne trouverez sûrement pas ou très peu de photos sur Internet. Et pourtant, c'est lui qui offre le paysage le plus spectaculaire. Une mise en bouche avant le Granit de Patagonie. Je visiterai les deux versants, marchant sur les sentes de bergers et d'alpagas, et passant par un col au plus près des montagnes, sûrement au-dessus de 5100m. L'occasion de monter sur un petit sommet, mon premier "véritable" 5000.
Les gardiens des troupeaux d'alpagas, souvent des femmes âgées d'ailleurs, passent la journée dans la solitude immense de ces vallons d'altitude, avec leur chien et leurs bêtes pour toute compagnie.

La lagune de mon deuxième bivouac après la jungle, "à l'atardecer". Camp de base pour l'exploration de la cordillère de Carabaya.

Départ vers les sommets, dans la grande sauvagerie du Pérou méconnu.

Et soudain, arrivant au sommet d'une butte... Le versant Nord-Est du groupe de l'Allin Qhapaq. Le sommet principal est tout à gauche, sa corniche se distingue dans la perspective. Avis aux ouvreurs de voie. Il y a une lagune idéale pour bivouaquer au pied des parois,à bon entendeur...
Comment la Pizza arriva à Macusani
Ensuite, je prends le week-end de repos dans la petite ville de Macusani, chef lieu de la province de Carabaya. C'est une ville plantée dans la steppe, à 4400 m d'altitude. Ici, je suis complètement à l'écart des circuits touristiques, et certains visages ressemblent à ceux d'Asie centrale. D'ailleurs, les gens d'ici le reconnaissent : "Tu trouves pas qu'on se croirait en Chine ?". En Mongolie ou en Sibérie plutôt, mais oui c'est assez surprenant. Après le film un "Indien dans la ville", je suis en train de vivre "Un Français dans la steppe".

Macusani, ville dans la steppe

L'Allin Qhapaq, au-dessus des toits de Macusani
Comme dirait Otis dans "Asterix chez Cléopâtre", "c'est assez curieux de se dire que le hasard des rencontres forge une destinée", ou du moins un voyage. Il y a des personnes très accueillantes ici, et de "hasard en hasard", je vais passer le week-end avec Ronald et Karin.
A Macusani, il n'y a pas de pizzeria, mais cela n'empêche pas les gens d'en raffoler, au désespoir des cuisinières qui aimeraient bien percer le secret de sa recette.
Mais comment la pizza arriva à Macusani ?
"Quelle nourriture est traditionnelle en France ?"
"Euh... le fromage, on aime bien en manger chaque jour"
"Le Fromage ?? Vous mangez des pizzas ?"
"Ouais, disons qu'on aime bien..."
Quelque temps plus tard au retour d'une promenade pour aller récupérer mes bâtons oubliés la veille au bivouac :
"Valentin (Prononcez Baleine Tine), on mange une pizza à midi ?"
"Super, je rêvais d'en manger une!"
"On fait la liste de course ?"
"Euh, tu veux dire que..."
"Oui, tu vas m'apprendre !"
"Tu permets, je vais aller voir un truc sur Internet"
Et c'est ainsi que ma première Pizza fut également la première de Macusani.

La fameuse ! Pas de jambon ? On prendra des saucisses ! La pâte fut roulée avec une bouteille de bière "Cusqueña" faute de rouleau pâtissier. Le tout, sous un orage de grêle et de neige mêlées. Trois Péruviennes ont complété l'équipe au fur et à mesure que la rumeur se répandait. En fin de compte, elle n'est pas si ratée !

Un dimanche à la campagne, chez la maman de Karin. Attelage du lama, bain de la vigogne, apprentissage (laborieux) de la danse guerrière Quechua d'ici et cuisine de Macusani, qui m'aura réconcilié un peu avec la viande d'alpaca. Le Pérou à 110% !

Les trois quart des camelidés d'Amérique du Sud. De gauche à droite, Señorita l'Alpaca, Chachi le lama, Andrea la vigogne, Karin, Sanio mon ami et moi. Il ne manque que le Guanaco à l'appel, que je devrai rencontrer plus au Sud, comme certains l'ont deviné !

Le bain de la vigogne, qui aime plutôt ça. La vigogne, c'est un animal sauvage, celle-ci a été capturée à la naissance. Mais elle reste sauvage, et ça fait un peu mal au coeur de la voir tirer sur sa corde, à la façon d'une certaine chèvre provençale. Les lamas, je ne sais pas encore, mais les vigognes crachent, et savent plutôt bien viser la tête, croyez moi...
Finalement, je n'arrive pas à me décider à quitter mes amis péruviens, et je prends un jour de repos en plus à Macusani. L'occasion d'un petit tour dans la campagne au Nord.

Au Nord de Macusani, en allant vers la cordillère de Vilcanota, la steppe se couvre petit à petit de petites falaises et de forêts de blocs rocheux.

En 4x4 dans la steppe, le ChiChi Quapaq en arrière plan.
Les photos arrivent bientôt (dans ce Locutorio ce n'est pas possible). Rendez-vous au lac Titicaca, moi je mets le cap vers la Bolivie!
Le 15/11/2016
Un coucou à vous les français !
Après une tentative manquée hier pour me connecter à Internet, il semble que ça va un peu mieux par ici... Avec toutes les émotions des jours passés, il était temps d'écrire un article, pour partager et parce que les écrits s'envolent et les paroles restent... euh, les vols s'écrivent et les restes se parlent... enfin bref, vous m'avez compris, c'est bien d'écrire !
Après mes aventures dans la cordillère de Vilcanota, mon voyage allait rentrer dans une étape assez singulière. D'abord depuis Tinkki, je grimpe le col de Pirahuani, à 4725m d'altitude. La montée n'est pas si difficile, à part les 30 dernières minutes où le relief joue avec mes nerfs : à 3 ou 4 reprises, je pense être arrivé et découvre que ce n'était qu'une crête intermédiaire que je voyais. Je suis sur le rebord Ouest de l'Altiplano, sur le point d'engager une descente de plus de 4000m de dénivelé, en direction de la forêt équatoriale qui s'étend au pied de la cordillère, jusqu'à l'océan Atlantique.
La descente est vertigineuse et interminable. Les nuages bloquent la vue à chaque détour de la vallée, ce qui donne l'impression de faire un saut dans le vide à chaque tournant :

L'ambiance dans la descente.
Au passage, la route est excellente,elle s'intègre assez bien dans le paysage, et la circulation est parfaite : suffisamment faible pour profiter du paysage, et suffisamment importante pour se sentir en sécurité en cas de problème. Et les limitations de vitesse sont à 20 ou 30 km/h dans les zones de virages.
Je m'arrête au milieu de la descente, à Marcapata, un village en plein pente et surtout en plein brouillard. C'est dans ce bled que j'apprendrai, avec un peu d'amusement, l'élection de Trump aux Etats-Unis. Les présidents des pays latinos sont un peu amers.

Ambiance à Marcapata
Je redémarre le lendemain, et la chute libre continue. Puis assez rapidement, la température augmente et l'atmosphère devient plutôt moite. Un bruit, une fleur, un oiseau noir et jaune qui me passe devant indiquent que j'entre dans un autre monde. Les dénivelés des montagnes autour sont impressionnants, et une impression de pénétrer dans un lieu interdit m'envahit. Autant la jungle me fascine, autant elle m'effraie.

Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?
Finalement, j'arrive à sortir de ces montagnes, pour atteindre le petit village de Quincemil. Le contraste entre l'aridité de l'Altiplano et l'abondance de la forêt est énorme. Là-haut, quelques troupeaux par-ci par-là, ici tout fourmille d'insectes et d'oiseaux. En haut, la couleur est au niveau macroscopique : une montagne de roches rouges, un glacier blanc éclatant, une prairie verte ou jaune, une lagune bleue, verte ou noire. Ici, tout est vert à y regarder de loin, mais dans le détail, la couleur est partout, surtout dans le monde animal.
Quicemil n'est pas un village très avenant, alors je tente de partir dès le lendemain de mon arrivée pour un second village d'Amazonie, San Gaban, en espérant trouver mieux là-bas. Les deux villages sont localisés dans la jungle, juste au pied des montagnes, mais une distance de 120 km les sépare. Je devrai faire l'étape d'une traite, car je ne veux pas dormir dans la forêt, c'est une condition que je m'étais fixée pour descendre en Amazonie.
Je pars à 5h du matin pour profiter de la relative fraîcheur des premières heures de la journée, et avoir une marge de manœuvre devant moi.

Demain, dès l'aube, à l'heure où verdit la forêt. J'irai par les coteaux, j'irai par les rios...
La route se fraie un passage dans un paysage à la limite du rêve, le long de rios qui coulent dans une zone de collines complètement sauvages. L'ambiance est celle des routes mythiques. On pourrait se croire dans les gorges de la Dunière, mais il faut remplacer les fayards et les châtaigniers par des arbres tropicaux, et le meuglement des vaches par le chant des oiseaux. Il y a aussi des chiens qui nous courent après en passant devant les baraquements le long de la route.

La vallée de la Dunière. On voit la route en bas à droite.

Finalement, je l'ai trouvé, ce fameux village ! Si vous me cherchez pendant ces 15 prochaines années, vous saurez où me trouver ! Il y avait souvent des petites baraques en bois entre la route et la rivière, sans aucun champ dans les environs. Très probablement des prospecteurs d'or de rivière.

Pourtant, à Quincemil, les rues ne sont pas pavées d'Or...
Ces paysages sublimes ont un prix : là ou je m'attendais a trouver 60km de faux-plat descendant, me voilà pris dans une immensité de montagnes russes, comme pour ajouter de la difficulté à ce trajet. J'arrive finalement au pont de l'Inambari (15km plus tôt que prévu dans mes calculs). C'est une étape importante de mon voyage : mon point le plus bas jusqu'au Chili. Ici, j'arrête ma descente vers l'Est et l'Atlantique, et je repars vers le Sud-Ouest, sur un tronçon secondaire de la route InterOcéanica qui rejoint Puno sur le lac Titicaca, au Sud du Pérou. C'est aussi le point de départ de ma remontée vers la cordillère. Je suis à 500m d'altitude (310 selon un indien local, mais je ne le crois pas).

Un pont sur l'Inambari, un fleuve qui deviendra plus tard le "Madre de Dios", puis le "Madeira" au Brésil, premier affluent de l'Amazone, et un des fleuves les plus puissants du monde.
Comme une surprise n'arrive jamais seule, c'est à ce moment précis que je croise les premiers cyclo-voyagistes de mon voyage. Ils sont Brésiliens, et eux remontent vers Cusco. Ils ont roulé longtemps en Amazonie, et le plus jeune s'obstine à dormir sous tente. Il a aussi une balise SPOT d'ailleurs.

Avec mes collègues Brésiliens, et un indien d'ici qui fera quelques kilomètres avec moi.
On est dans l'hémisphère Sud, donc on marche la tête à l'envers. Au début, ça fait un peu bizarre, mais une fois que le cœur a compris qu'il faut pomper dans l'autre sens, on finit par ne plus sans rendre compte.
La deuxième partie du trajet deviendra franchement plus éprouvante. La température a augmenté, alors je crains une surchauffe, même si je bois litre après litre. Pour sûr, cette étape restera un fait marquant du voyage. Les paysages sont un peu plus larges, on circule dans la vallée de l'Inambari :

Le guidon contemple la nature sauvage. Au pied, l'Inambari.
Dans les Pueblos, je suis plus souvent "El Gringo", l'étranger, que "Amigo". Les gens aussi sont différents de là-haut.
Un glissement de terrain en réhabilitation bloque la route, un policier nous contraint d'attendre 2h ici pendant que les machines travaillent. Avec la pression des conducteurs, je repars après 10 minutes. Quelques temps après mon passage, une pelle envoie un bloc énorme qui franchit le fossé et traverse la route... Mieux vaut que ce soit le rocher que la pelle qui soit tombée tout de même !
Finalement, après 10h d'efforts, j'atteins les derniers kilomètres de cette aventure. L'arrivée sur San Gaban est magnifique, avec le soleil (un peu étouffant certes) dans un défilé :

L'arrivée sur San Gaban, qui fait oublier un peu l'épuisement.
En résumé, une photo avant et après cette journée :

Avant l'Amazonie, frais et motivé, avec le casque et le K-Way que j'espérais garder pour me protéger des moustiques.

Aux 2/3 du trajet, la fatigue en plus, le K-Way en moins, et le Krama du Cambodge qui a remplacé le casque, et qui aura essuyé quelques mètres cubes de sueur !
En arrivant à San Gaban, un petit sentiment de triomphe et de soulagement me redonne un grand sourire. De donde vienes ?quince Mil ¡
Le lieu est un petit jardin d'Eden, une petite plaine au débouché d'une vallée qui vient de la cordillère, fermée par des hautes collines sur les 3 autres côtés. En plus, je trouve une auberge bien confortable, pour le prix invariable depuis que je suis parti de Cusco de 6 euros la nuit. Je sens que je vais rester ici ! Je passerai donc le samedi et le dimanche à me reposer ici, il faut dire que j'étais bien cramé après l'enchaînement de ces efforts, et surtout cette journée en forêt. J'en profite aussi pour explorer les sentiers autour du village, qui s'enfoncent un peu dans la jungle. J'espère photographier un immense papillon bleu et noir qui m'est souvent passé sous le nez en roulant. Après quelques explorations infructueuses, je trouve enfin le lieu parfait pour mon exploration, un vallon secret à deux pas de la route.
Je commence à le remonter, et arrive au pied d'une petite cascade entourée de falaises : bingo, c'est plein de ces fameux papillons, vraiment magnifiques, et de la taille d'un petit oiseau. Mais ces papillons, comme la plupart des grands papillons ici, ne se posent jamais à hauteur d'homme.
Quelques photos :

Un papillon transparent et noir (on voit les pierres au travers).


Votez pour le plus beau !

Petite pause méditation en Amazonie, entre les papillons et de petits vautours qui volent 10 mètres au-dessus de moi.

Sur mon chemin dans la jungle, qui m'accompagne ? Certaines branches ressemblent étrangement à des serpents, et certaines feuilles à des mygales. Ou alors c'est mon imagination qui est un peu sur le qui vive. Une feuille morte qui me tombe dessus, et je sursaute...
Tout compte fait, je n'aurai pas vu de serpents, à part quelques petits écrasés sur la route, ni de grosses araignées,ni de jaguar. Ce n'est pas plus mal ainsi !
Je commence à devenir familier de ce monde vert, alors il est temps de repartir. Le frais, les gens de là-haut et les grands espaces me manquent un peu, et puis je commence vraiment à prendre le goût de l'itinérance, et de ses paysages sans cesse renouvelés.
Ce matin, je pars pour 2100m de dénivelé, vers le village d'Ollachea, où il y a encore des eaux chaudes. Comme je l'espérais, le vent d'Est n'a pas tourné, et je l'ai dans les voiles pour la montée. Avec des jambes toutes neuves et un vélo allégé au maximum, j'ai l'impression d'avoir un moteur. Cette montée qui me faisait peur se sera finalement bien passée. Je retrouve petit à petit ma Cordillère. La montée est heureusement nettement moins abrupte que lors de ma descente quelques jours plus tôt. Le paysage se fait plus sec, et à 2000m, un perroquet vert traverse devant moi : je ne pensais même pas en voir dans la jungle, et c'est ici, en limite de la forêt, que j'en rencontre un !

Retour dans la Cordillère, par canyons et cascades.
Les gens sont à nouveau plus accueillants, et une petite fille veut absolument que je revienne le 10 décembre pour participer à une fête du village. J'aimerais bien, mais comme dit Aslan dans le dernier livre de Narnia "Plus haut, et plus avant !".
Le 09/11/2016
Hola a todos¡
J'ai quitté Cusco vendredi matin en profitant du défilé de fin d'année des écoles de filles, qui faisaient le tour de la place principale avec leurs chorégraphies plus ou moins traditionnelles sous les yeux d'un collège de bonnes sœurs.

Puis il a été temps de commencer le voyage, le vrai. Direction la Cordillère de Vilcanota, un vaste massif glaciaire au Sud-Est de Cusco. En passant, je rencontre encore quelques ruines Incas, dont celles du Qhapac Nan, le chemin qui reliait la Colombie au Chili à l'époque impériale.
Quelques lagunes dans les vallées :

Alors Bicicleta, ça te plaît le Pérou ?
Arrivé à Urcos, je profite encore d'un festival de danses traditionnelles sur la place du village. Ici, on peut manger pour 1.5 euro un repas délicieux : patates, riz, légumes, viandes et épices. Je teste la viande d'alpaga, mais je ne réessaierai pas !

Les enfants sont portés dans de grands draps accrochés sur l'épaule.
Depuis Urcos, une montée m'amène pour la première fois à 4000m : 15km, des rampes à 12%. Je finis à pied en poussant le vélo.

Le début de la "Carreterra Interoceanica".
Le lendemain matin, je traverse la campagne dans un autre monde : tous les paysans sont en costume traditionnel, ils sont à pied sur la route, qui est presque le seul élément qui me rappelle que je suis bien au 21e siècle. Dans les villages, je dois conduire sans les mains pour saluer les gens : "Buen dia Amigos¡"
A Ocongate, je rencontre 2 garçons curieux : on joue et on discute un peu ensemble, eux parlent bien l'espagnol (car ici, la langue maternelle est le Quechua). Je repars finalement, et quelques secondes plus tard ils me rattrappent en courant : "Amigos, Amigos ¡". Ils voulaient partager leur déjeuner avec moi !
Après 2 jours de vélo, je rejoins Tinkki, village au pied des Cordillères. Je pars le soir même en taxi pour l'Ausangate. Le temps est à l'orage et je n'ai toujours pas vu de montagnes.

En partant pour l'Ausangate : qui vient avec moi ?
L'heure est à la remise en question, la tempête se renforce, et je ne suis pas sûr de l'endroit exact du campement.
Finalement, bien mouillé, j'arrive au hameau d'Upis. 2 français de la Rosière m'y attendent : ils font le même itinéraire que moi, et on marchera ensemble pendant les deux premiers jours du trek. Vers 17h, l'innatendu se produit :

La paroi nord de l'Ausangate.

Les termes d'Upis : il y a des plaisirs qui n'ont pas de prix. A la source, l'eau est en ébullition !
Départ à 6h le lendemain matin, ce qui est une petite grasse matinée puisqu'on s'endort vers 19h30 par ici. La météo des prochains jours sera identique : grand bleu jusqu'à midi, orages de 13h à 16h, et puis le temps se dégage pour le coucher de soleil vers 17/18h.
Le trek se fait dans une ambiance grandiose. Récit en images :

Thomas face à un massif rocheux magnifique, sûrement encore vierge. Son ami Etienne prépare la traversée Nord-Sud de la Cordillère Réal en Bolivie.

Lagunes et glaciers : l'extrémité Ouest de l'Ausangate.

Les Alpagas préfèrent le vert des pâturages aux glaces des Cordillères. Je suis à 4850m, un record d'altitude pour moi, qui va durer quelques heures seulement...

Depuis le col Palomani : mon premier 5000 n'en est pas un, c'est un col à 5100m d'altitude. Je me souviendrai longtemps de la montée : sur 500m de dénivelé, je fais les 400 premiers en une heure. Puis subitement, à 80m du col, je me sens mal, et c'est le moment précis que choisit la météo pour tourner à l'orage au loin. Je prends un peu peur : j'ai le choix entre redescendre et passer un jour de plus dans le trek, au risque de me rationner en nourriture, et tenter le col pour aller plus vite, et surtout pouvoir redescendre à 4300m. J'avale un Diamox et essaie de monter pas après pas. Ouf, le col est bien là où je pensais, et la pluie reste cantonnée plus au Sud. Je serai plus prudent à l'avenir...

Une indienne Quechua dans la vallée de Jampa, un coin de paradis.

Les fatigues de la veille sont vites oubliées, dès le lendemain matin. Journée plus courte, pour rejoindre un hameau avec encore des sources thermales. La montée dans la steppe, la "pampa" comme ils l'appellent par ici, est un grand moment de plaisir.

Un sommet dont je n'ai pas trouvé le nom, vu depuis mon deuxième col à plus de 5000m. Celui-ci se passera bien mieux, même si l'eau des glaciers commence à avoir de l'effet sur mon estomac.

Lagunes du Pérou.
Je suis redescendu hier à Tinkki : un aspirant guide Quechua m'a gentiment proposé de me redescendre sur sa moto. On discute alpinisme ; son histoire est très belle. Il me dit que les Français et les Suisses sont les étrangers les plus sympathiques qu'il connait. Et puis : "Tu vois les montagnes en face ? Elles sont pleines d'Or".
Alors aujourd'hui il est temps d'aller "en face" là où l'Or coule dans les rivières.
Hasta lluego !
Le 03/11/2016
Allez, un deuxième dans la foulée parce que je suis motivé ! Un clavier espagnol et une connexion péruvienne, ça calme un peu. C' est quand on ne l' a plus qu' on se rend compte combien ça manque". Chère connexion haut débit, nos vemos dans 6 mois...
70 Soles (20e) une journée de bus, un guide, des visites et un buffet péruvien, me voilà convaincu d' entrer dans une agence touristique.
Direction la vallée sacrée des Incas, qui descend de Cusco vers les gorges du Macchu Pichu.
Le trajet en bus me plonge dans le Pérou. Je ferai plus de récits plus tard sur les paysages, qui dépassent l'imagination, et les populations qui sont indispensables pour donner vie aux montagnes. Les couleurs de la région : le rouille-orange, le jaune, le noir et le vert des prés. Les nuages sont orange aussi : les paysans font brûler leurs champs, pour les renouveler sûrement.
Les ruines Incas, avec des églises construites sur chaque temple du soleil. Les Incas étaient monothéistes, comme le disait ce guide à Cusco : "étaient-ils polythéistes ? Ils priaient Inti le soleil et Pachamama la terre mère. Mais ils ne connaissaient qu'un seul créateur. "El Hacedor", Le Faiseur. Ils ne lui ont pas donné de nom. Nous (il parle à des péruviens), sommes- nous polythéistes ? Pourtant nous prions les saints ! Mais nous n' avons qu'un seul Dieu qui a tout créé".

Les Andenes (les restanques, en France). Il y en a sur la montagne en arrière plan... Celles-ci ne servaient même pas à l'agriculture, seulement à consolider les pentes sous le temple de Chinchero.

La sédimentation Inca - Coloniale, et l'altiplano à l'arrière plan

Et soudain, en pleine descente vers la vallée:

Les salines de Maras, issues d'une petite source tiède salée, et qui est exploitée à plein régime. En orange, circule l'eau de la source qui alimente les bassins, où le sel est récupéré par évaporation. On est à 2900m, la chaleur est étouffante, et en face se dressent les pics en glace de la cordillère de Vilcabamba.

Les Andenes de Moray, un chef d'oeuvre. L'hypothèse la plus répandue est que ce site faisait office de centre d'essai et d'acclimatation des diverses plantes. La chaleur du fond permettait de faire pousser des plantes de plus basse altitude, comme le coton, qui étaient ensuite acclimatées au fur et à mesure des terrasses. Une autre hypothèse fait du lieu une salle de spectacle pour les concerts de Patrick Bruel, mais certains avancent le fait que Patrick ne maîtrisait pas le Quechua d'une part, et qu'il aurait eu du mal à se faire entendre avec sa voix cassée...

300m de dénivelée d'Andenes, sous la cité de Pisaq construite sur un piton rocheux, et qui a abrité jusqu'à 10000 habitants.
Il est désormais temps de mettre le cap au Sud, vers d'autres horizons. Les touristes que j'ai rencontrés me promettent de belles choses pour la suite...
Au bout de combien de temps es-tu tombé amoureux du lieu ?- une matinée...